X-Men : le commencement (X-Men: first class)

Matthew Vaughn, 2011 (États-Unis)

« Tiers monde » émergent et puissance supérieure, les mutants hésitent, non pas entre les modèles capitaliste et soviétique, mais entre l’intégration et la domination, positions respectivement prises par le sage Xavier et par le vindicatif Magneto (James McAvoy et Michael Fassbender*). Une des bonnes surprises du scénario est non seulement de faire de ces jeunes gens « des enfants de l’atome », en raison des mutations génétiques apparues avec l’ère atomique (ce qui entre en parfaite adéquation cinématographique avec des années 1950 et 1960 fécondes en monstres de tous genres), mais également de situer l’histoire en pleine crise des fusées, en 1962 (année de la mini-jupe, ce que rappellent de leur cuisses nues Emma Frost, Mystique ou Moira, toutes très libérées !).

Alors que la présence du professeur Xavier sur les marches du Lincoln Memorial peut faire sens, on a compris depuis l’introduction que les motivations de Lehnsherr étaient ailleurs, nées d’un assassinat dans un camp d’extermination. La véritable rupture politique n’est alors plus tant celle qui rend la paix entre les États-Unis et l’URSS impossible, mais plutôt, à l’échelle humaine et de part et d’autre de l’échiquier, celle que Charles et Erik ne peuvent longtemps dissimuler. En outre, le réalisateur de Kick-Ass (2010) croise les enjeux et ne ferme aucune des interprétations possibles aux thèmes abordés (ce qui caractérisait X-men et X-men 2 de Singer en 2000 et 2003). Le mutant est par conséquent, selon les scènes, l’étranger craint par une nation (les canons des navires pointés sur lui), la minorité ethnique qui ne peut s’intégrer (un bref regard vers Darwin, le noir du groupe), des adolescents qui ont du mal à assumer leur différence (Mystique et le Fauve).

Plusieurs l’ont dit, le film est élégant et les acteurs plein de charme (Jennifer Lawrence et January Jones derrière Kevin Bacon, McAvoy et Fassbender), la séquence au large de Cuba est trépidante et l’humour n’est pas absent. Sans revenir sur les derniers épisodes**, Vaughn restaure un peu d’intelligence aux aventures de ces mutants et donne envie de voir ce que pourrait être leur monde dans les années 1970 ou 1980.

* Dans le bar en Argentine, par la violence qu’il déploie contre les criminels nazis, Fassbender renoue avec l’attitude des personnages (dont il faisait partie) d’Inglourious basterds (Tarantino, 2009).

** Sur lesquels nous avions pu nous exprimer ici (au 4 mai 2009) ou .

2 commentaires à propos de “X-Men : le commencement (X-Men: first class)”

  1. Bonjour Ornelune, pas mal du tout mais mon préféré reste le premier de la série. En revanche, les effets spéciaux sont toujours très réussis. Bonne journée.

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