Une histoire italienne (Sanguepazzo)

Marco Tullio Giordana, 2008 (Italie)

Voici un film qui risque malheureusement de passer plus ou moins inaperçu en cette période estivale et qui est pourtant une bien belle œuvre cinématographique : son image sombre, sa belle lumière et son grain particulier donnent l’illusion d’un film sorti à la grande époque du cinéma italien, du temps des Visconti et autre Bertolucci. Cette fresque de 2h30 est un bel hommage au cinéma italien et, à l’image de There will be blood (dans un autre genre évidemment), on a déjà l’impression d’assister à un véritable classique.

Les premières images du film, en noir et blanc, sont absolument magnifiques : deux enfants (on imagine un frère et sa sœur), aux visages noircis de crasse, se baladent à travers des ruines avant de découvrir une pellicule de film menant à deux cadavres, ceux du couple Luisa Ferida et Osvaldo Valenti. Une histoire utalienne (Sanguepazzo) relate l’histoire vraie de ce célèbre couple du cinéma italien des années 1930 et 40 sous le régime fasciste de Mussolini. Une histoire qui mêle passion amoureuse et déchirements, avec ce couple tourmenté, à des faits historiques sur la résistance et la place du cinéma italien de la grande époque de la Cinecittà.

La plantureuse Monica Belucci est en tous points parfaite pour ce rôle (même si le réalisateur abuse un peu trop selon moi -et ce n’est pourtant pas pour me déplaire- de ses avantages physiques incontestables !) et s’inscrit dans la lignée des très grandes actrices, séductrices et sex symbol telles que Sophia Loren ou encore Claudia Cardinale. Mention spéciale également à son alter ego masculin dans le film : Luca Zingaretti avec un rôle qui ne fait pas dans la demi-mesure, digne des plus grands. Même les seconds rôles sont excellents et très crédibles.

Un très beau moment de cinéma, avec un mélodrame qui reste toutefois sombre, dur et triste, à l’image de cette époque. Après, je reprocherais tout de même un montage un peu trop complexe fait de pas mal de flash-backs, ce qui a tendance à casser le rythme et le bon déroulement de l’histoire et occasionne aussi quelques longueurs. Avec un meilleur montage, ce film aurait pu devenir un véritable chef d’œuvre, il n’en demeure pas moins un superbe film, très ambitieux.

Ludo

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