Alastair Fothergill et Mark Linfield, 2007 (Angleterre, Allemagne)

un jour sur terre

Le thème du réchauffement climatique n’est pas nouveau. On essaye par divers moyens de nous faire prendre conscience de ce qui est en train d’arriver à la planète bleue. Une vérité qui dérange (de David Guggenheim, 2006) est sans aucun doute le premier documentaire qui rentre dans le vif du sujet. Et pour cause, jusqu’à peu ce n’était pas un phénomène pris au sérieux. Mais lorsque un homme respecté tel que Al Gore (prix Nobel de la paix 2007) s’y investit, le grand public commence petit à petit à prendre conscience de l’ampleur du problème. C’est une très bonne méthode et le documentaire Un jour sur Terre fonctionne tout aussi bien puisque sa manière ne laisse pas du tout indifférent.

Un jour sur Terre, ou cinq longues années de tournages pour un film de 90 minutes. Cet opus a tous les éléments pour être qualifié de documentaire : l’activité de l’homme ne se fait pas sentir, seule la voix du narrateur se fait entendre afin de nous raconter l’histoire de ces êtres vivants aux quatre coins du monde. Et la voix off en question n’est autre que la chanteuse Anggun. Bien sûr les animaux sont les principaux acteurs du casting, mais pas n’importe lesquels : l’ours polaire, la baleine, l’éléphant, le léopard… Nous sommes bercés par chacune de leurs histoires, si Un jour sur Terre a tout d’un documentaire, il n’en reste pas moins un film de cinéma. Comme dans de nombreux autres métrages, il y a les gentils, il y a les méchants. Ces derniers sont évidemment les prédateurs, et, même si c’est la nature, le spectateur est toujours déçu de voir le loup attraper l’agneau.

Très bien filmé (avec un matériel à la pointe de la technologie), des images magnifiques et des paysages éblouissants. Des scènes accélérées permettent de voir l’évolution d’une forêt en quelques secondes pour six mois en temps réel, et par ce procédé maintes fois utilisé, nous ne sommes jamais déçus du spectacle. Des moments uniques ont été saisis, comme l’évolution d’une énorme source d’eau vu de l’espace. On est littéralement emporté par une vision de la Terre encore jamais vue, on ne cesse d’aller toujours plus loin. J’imagine que chaque moment devait être absolument calculé, car si l’équipe manquait par exemple la migration des grues sauvages à travers l’Himalaya, elle aurait dû attendre l’année suivante pour ce moment qui ne dure que quelques heures. Par ailleurs, la musique du compositeur George Fenton (Cry freedom de Richard Attenborough, 1988, Le vent se lève de Ken Loach, 2006) nous envoie sur une autre planète alors qu’il s’agit pourtant bien de la nôtre. On savoure véritablement chaque instant.

Un jour sur Terre est majestueux. A voir et à revoir. On ne peut rester indifférent face à l’extinction de certaines espèces du fait du réchauffement climatique et ce documentaire m’a convaincu. Nos sentiments sont mis à rude épreuve à travers ces instants que je qualifierai de magique.

Batman

Un commentaire so far »

  1.  

    MaîtreLudo said

    mars 27 2009 @ 9:53

    Ce documentaire, aussi écolo que poétique, est en effet d’une qualité exceptionnelle. Les images sont époustouflantes et vont encore au-delà de ce qui a été fait jusqu’à présent dans le genre : Home (Yann Arthus-Bertrand, 2007), La planète blanche (Thierry Piantinada et Thierry Ragobert, 2006), La planète bleue (Alastair Fothergill et Andy Byatt, 2003) ou encore Le peuple migrateur (Jacques Perrin, Jacques Cluzaud et Michel Debats, 2001) et Les ailes pourpres (Matthew Aeberhard et Leander Ward, 2008).

    Grâce à beaucoup de temps (tourné sur cinq années sur les sept continents avec des moyens colossaux), d’efforts, de passion et de technique (l’utilisation de la caméra cinéflex qui permet des prises de vue incroyables), Un jour sur la terre permet de montrer la vie la plus rare et précieuse de notre planète. Sa fragilité aussi. Et l’urgence de changer radicalement de cap au vu du réchauffement climatique et de ses conséquences désastreuses. Au lieu d’un long discours moralisateur, rébarbatif et culpabilisant sur « notre mère la Terre qui se meurt à cause des vilains hommes qui l’exploitent sans scrupule », des images chocs d’une beauté inégalée et d’espèces en danger, bien plus percutantes.

    En haute définition, le spectacle est total et on peut choisir de voir le documentaire avec ou sans (pour le revisionnage par exemple) les commentaires d’Angunn. Dans la lignée de ce que propose Ushuaïa et Nicolas Hulot mais avec des moyens bien plus conséquents, ce documentaire, unique, est indispensable.

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