Tonnerre sous les Tropiques

Ben Stiller, 2008 (États-Unis)




Et dire que j’ai failli rater un spectacle si désopilant à cause d’une bande-annonce qui ne laissait pas soupçonner tout le second (ni le troisième ou quatrième…) degré de cette grosse farce : ce n’est pas un film américain grand public absolument horripilant (la présence de Ben Stiller aurait pu effrayer…) mais plutôt tout à fait désopilant. Tonnerre sous les Tropiques est tout simplement ÉNORME !

Le film commence avec quelques fausses bandes-annonces à se tordre de rire : celle du sixième volet des aventures d’un super-héros (« He’s back… Again ! »), une autre pour un mélodrame (« Path of the Devil », ou quelque chose dans le style…) montrant une histoire d’amour impossible entre un curé et un jeune prêtre, ou encore celle pour une comédie bien vulgaire d’une famille de pétomanes obèses ! On verra aussi plus tard une sorte de version débile mais hilarante de Rain man !

Les acteurs de ces blockbusters se retrouvent réunis sur un film de guerre à très gros budget qui tourne à la catastrophe. Le réalisateur décide pour sauver son film d’un stratagème original : lâcher ces stars, dont la carrière semble être en chute libre, au beau milieu de la jungle, après avoir mis des caméras un peu partout : eux, croient être dans le tournage d’un film, mais sont bel et bien en prise avec la réalité (quoique, un quart d’heure plus tard, cette réalité devient très floue !). Bref, Tonnerre sous les Tropiques c’est un gag à chaque minute, ça n’arrête pas, l’inventivité est totale, l’humour à la fois débile et décapant est le fruit d’une grande créativité. De plus, Ben Stiller signe en vérité une cinglante critique du star system et de Hollywood.

Mais la comédie est aussi un hommage rendu au cinéma et ses nombreuses références aux films de guerre en témoignent (sont cités pêle-mêle Platoon de Stone en 1987, Full metal jacket de Kubrick la même année, Apocalypse now de Coppola en 1979 et bien sûr la saga des Rambo dont le premier est réalisé par Ted Kotcheff en 1983).

Le casting est sensationnel : Ben Stiller est bien plus drôle que d’habitude, le rôle de Jack Black fait immédiatement penser à celui de Soyez sympas, rembobinez (autre hommage au cinéma de Gondry, 2008) et Robert Downey Jr. dévoile le talent comique qu’il avait esquissé dans Iron Man (Favreau, 2008). Sans parler de l’apparition très remarquée de Tom Cruise en producteur odieux, dansant sur la sonnerie de son portable et sortant des répliques d’une rare vulgarité !

Ce serait une erreur de limiter le film à ses grossièretés car il se distingue tout autant par sa finesse de réalisation et d’écriture (plusieurs strates de réalité se superposent et sont allègrement mêlées à un humour second degré plus subtil). Tonnerre sous les Tropiques est une des meilleures comédies de l’année, de loin la plus créative… et surtout la plus drôle !

5 commentaires à propos de “Tonnerre sous les Tropiques”

  1. Ce film est hilarant c’est certain. Après ce n’est pas mon genre, la comédie ne m’attire pas particulièrement…
    Mais regardez le (faux) making-of de Tropic thunder : rain of madness, c’est tout aussi énorme que Tonnerre sous les Tropiques.
    Divertissant.

  2. Oui c’est pas mal du tout. J’ai apprécié la caricature des producteurs se battant pour une clause de contrat stipulant la possibilité pour l’acteur engagé de profiter d’un jeu video sur le tournage.

    Les acteurs sont très bien et l’humour est par moments proche de Monty Python Sacré Graal (1975) ou davantage de M.A.S.H. d’Altman (1970). En revanche, mais là le « problème » vient de moi, pas de crise de rire (je n’ai pas rigolé sur Very bad trip, mais reconnais Tropic thunder bien supérieur).

    Enfin, le rôle de Cruise me fait penser à celui qu’il avait dans Magnolia (P.T.Anderson, 1999). Il donne vraiment l’impression de se chercher en tant qu’acteur, une envie très ponctuelle de casser l’image d’un héros épuisé (depuis Top Gun en 1986 au Ghost protocol de Brad Bird en 2011).

  3. Un peu longuet sur les bords! Certaines références aux vrais films de guerre sont sympas! On sent l’effet Ben Stiller comme dans Dodgeball qu’il avait produit !

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