Terminator renaissance (Terminator salvation)

McG, 2009 (États-Unis)

L’entreprise de McG est tant cinématographique que sidérurgique : il trempe ses pellicules dans du métal en fusion et livre un objet simple et massif. Terminator renaissance passe au travers de la brèche ouverte lors du précédent volet, Le soulèvement des machines, en 2003. Jonathan Mostow bricolait un terminator au style autoparodique mais soumis et déférent envers son modèle, le Terminator 2 (1991). Il brisait toutefois le cycle dans lequel s’étaient enfermées les deux réalisations de James Cameron (Terminator sort en France en 1985). En effet, Terminator 3 ne faisait plus du jugement dernier un ultimatum toujours retardé mais un événement qui est arrivé et à partir duquel quelque chose de nouveau pouvait être proposé.

« Il n’y a pas de destin sauf celui que nous faisons »

Le précepte pourrait être celui des scénaristes ou des réalisateurs qui ont succédé aux initiateurs de la série. Pourtant l’empreinte de Cameron est telle que le Terminator 2 demeure la référence dont il ne semble plus possible de se défaire. La lourdeur des engins, la chasse à l’homme lancée sur route en moto et en camion, la question de la fatalité et celle d’une définition de l’humain, jusqu’à la musique (You could be mine des Guns n’ Roses) ou à la présence du robot original (Arnold Schwarzenegger), Terminator renaissance (comme Terminator 3), peu importe sa transposition temporelle ou contextuelle, est un remake, une copie manufacturée du second épisode. Les terminators se succèdent sur la chaîne de production des studios/Skynet et les hommes, les réalisateurs, peinent à organiser la résistance. McG, comme le faisait Jonathan Mostow, déclare allégeance à Cameron (ce qu’il faisait dès Charlie’s angels, les anges se déchaînent, 2003) et tente malgré tout, avec de bons acteurs à ses côtés (Christian Bale, Sam Worthington, Michael Ironside, Bryce Dallas Howard qui elle, porteuse d’espoir, se contente de peu), de reconstruire une linéarité chronologique dans un univers post-apocalyptique aux teintes cendrées. Les ciels sont noirs et les faisceaux de lumières balayant l’écran révèlent de menaçantes silhouettes squelettiques…

Bien que détruisant le QG de Skynet à San Francisco (Helena Bonham Carter en devient l’image), McG n’ose pas non plus finir la guerre contre les machines et, relevant l’injonction des studios, prévoit de relancer John Connor sur les champs de bataille.

6 commentaires à propos de “Terminator renaissance (Terminator salvation)”

  1. Bon, ça y est je l’ai vu et autant dire qu’il ne restera pas longtemps dans ma mémoire! Oui, ça explose à tout va, ça crie beaucoup, il y a une morale à 2€ sur l’homme et la machine et ça sonne faux. Certains scènes sont bien sûr très réussies, mais ça ne suffit pas à faire un bon film. D’ailleurs, les décors font vraiment très décors de cinéma et certains trucages sont à la limite du ridicule (une explosion où je ne sais plus trop qui est projeté à 20 m du sol, etc.). Bref, j’ai pas accroché du tout, ça m’a même vite saoûlé : le genre cyberpunk où il y a des survivants dans un futur chaotique, déjà vu pour moi! Surtout avec les clichés habituels: le mâle dominant, la scène avec les voyous qui s’en prennent à la gentille fille (bien musclée tout de même) qui se fait sauver par le héros, une autre avec les enfants… Non, c’est décidément pas mon truc du tout.

  2. Je pense que c’est un bon film d’action, sans plus. Les deux premiers opus étaient révolutionnaires dans bien des domaines à l’époque (effets spéciaux, scènes d’action…). Cet épisode se laisse regarder mais ne restera pas effectivement dans les mémoires. Même la scène d’attaque de la « grosse machine » (le harvester) sur la station service, présentée comme le clou du film n’est pas vraiment nouvelle. Cela m’a rappelé en effet les tripodes de La guerre des mondes de Stephen Spielberg (2004) qui capturaient les humains avec de grandes pinces et les jetaient dans des cages. Reste quelques bonnes séquences comme les combats entre avions de chasse et machines volantes.

  3. Vu. Et comment dire. Ce film est une immonde bouse. La plus grosse bouse que j’ai pu voir au ciné depuis au moins Matrix revolution (Wachowski, 2003).

    Scénario en carton. Non seulement on devine tout trois minutes avant que l’action ne se déroule, mais en plus c’est bourré d’incohérences ; ça n’a ni queue ni tête. Mais passons. Les effets spéciaux sont impressionnants, mais au service d’une narration d’une vacuité rarement atteinte, ça explose dans tous les sens toutes les deux minutes, les balles sifflent constamment (sans jamais pratiquement toucher personne), Christian Bale se fait exploser contre un mur en béton, contre une poutrelle métallique, contre une rambarde en acier trempé, fait un vol plané d’environ trente mètres avant de se faire écarteler par un T800, évidemment sans que cela ne lui cause autre chose que des blessures superficielles (genre petite estafilade sur la joue). Bon évidemment, quand une grosse barre d’acier lui transperce le thorax, il a un peu mal et il faut le soutenir pour le rapatrier en hélico.

    Et puis surtout les scénaristes ne nous épargnent rien, vraiment rien, tous les clichés du cinéma commercial sont égrainés un à un, sous l’oeil consterné du spectateur, qui ne peut croire une seule seconde qu’un tel ramassis d’inepties ne soit pas du second degré. Hélas, le film se prend on ne peut plus au sérieux, mais même pas avec classe. Si au moins John Woo était aux commandes.

    Evidemment, les acteurs sont à ch*er. Forcément, il n’y a aucune direction d’acteur. C’est du grand n’importe quoi. A côté, Terminator 3 est un pur chef-d’œuvre du septième art (au moins, il y avait des répliques marrantes).

    Franchement, dépenser autant d’argent, créer des décors aussi stupéfiants pour accoucher d’un film aussi nul, c’est consternant. James Cameron doit bien se marrer.

  4. Dans les Cahiers de juin 2009, Eugenio Renzi note un thème auquel j’ai regretté ne pas avoir été attentif, celui de la renaissance des corps. Le critique n’en dit pas plus et préfère comparer la réalisation de McG, « très aimé des adeptes du cinéma karaoké », à celles de ceux qui l’ont précédé sur l’entreprise. Pourtant cette idée des corps en renaissance me paraît tout à fait neuve dans la franchise et, même fortuite, elle peut faire du film une curiosité à l’odeur moins désagréable que l’objet que tu décris, Manu, dès tes premiers mots.

    Essayons-nous et empruntons la piste proposée :
    Au présent, John Connor (toujours un peu plus vieux, incarné par un troisième acteur au cinéma ; peut-être s’agit-il là de la toute première renaissance, celle des protagonistes rendue possible par les acteurs) côtoie son père adolescent. De cette impossibilité présente dans tous les épisodes, John envisage de renvoyer son père dans le passé dans le but de le concevoir… à nouveau (c’est déjà arrivé en effet car sinon pas de John au présent).

    Marcus est un prisonnier condamné à mort que des scientifiques se proposent de faire renaître. Par la suite, il ignore tout de sa condition d’homme-machine et, exposé tout tuyaux dehors, finit par se résigner. Sa renaissance n’est alors plus seulement corporelle mais mentale (pour éviter « intellectuelle », terme, je le comprends bien, que certains refuseront de voir accolé à ce Terminator).

    Les terminators (les robots), quels que soient leur numéro de série, sont assemblés sur des chaînes de montage qui, tant qu’ils trouvent des producteurs, leur assurent une renaissance (ici le terme est impropre) perpétuelle. Reprenons la phrase en changeant le début : « Les Terminators (les films), quels que soient leur numéro de série… ».

    Au final, les corps renaissent in vivo (la boucle temporelle de John Connor), en laboratoire (Marcus), en usine (les robots), même en pixels (la renaissance d’Arnold), le tout « grâce à » Sony pictures qui, à défaut de faire renaître l’engouement de tous les spectateurs, aide McG à accoucher d’un métrage (notons l’usage combiné de la vieille pellicule Kodak aux techniques ultra modernes) d’une efficacité limitée pour les uns, d’un (très ? / si ?) mauvais blockbuster pour les autres.

  5. J’aime aussi beaucoup cette idée de « renaissance » des corps qui me semble en effet moins accessoire qu’il n’y paraît. Elle émerge dès l’introduction et ne cessera d’exister dans l’ombre de Marcus. Evidemment, on s’éloigne quelque peu du schéma établi par le film d’origine, et du Terminator, il ne reste plus que squelette en acier chromé. Mais j’avoue avoir pris (plusieurs fois) du plaisir devant un blockbuster efficacement huilé.

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