Starship troopers

Paul Verhoeven, 1998 (États-Unis)

Comme bien souvent avec Paul Verhoeven (Basic instinct en 1992, Showgirls en 1996 ou Black book en 2006), Starship Troopers est un film sujet à controverse dès sa sortie en salle. L’histoire se passe au XXIVe siècle. L’humanité est en guerre contre un peuple insectoïde (les Arachnides). Chaque camp a décidé de conquérir la galaxie. Quatre jeunes gens (Casper Van Dien, Dina Meyer, Denise Richards, Jake Busey) à peine sortis du lycée s’engagent dans les forces armées terriennes pour défendre la fédération.

Le scénario est une adaptation du roman de Robert Heinlein traduit en France sous le titre Etoiles, garde-à-vous et paru en 1959. Ce livre est aujourd’hui culte pour tout fan de la littérature de science-fiction. Il est également très controversé puisque l’auteur y décrit un monde dictatorial proche du fascisme, militariste et nationaliste. Très conservateur, il n’a jamais caché son penchant pour les régimes autoritaires. Lorsque le film sort en 1997 sur les écrans, un déluge de critiques s’abat sur Paul Verhoeven. Il est accusé de faire l’éloge de régimes totalitaires et de la violence. Pourtant, il me semble que c’est tout le contraire…

Starship Troopers est une satire des régimes démocratiques occidentaux actuels. Beaucoup d’aspects sont abordés (les médias, le lobby des armes, la propagande…). La violence est très présente, c’est vrai, mais afin de montrer que la guerre, qui entraîne toujours massacres et destructions, n’a rien d’une partie de jeu vidéo. En outre, le récit est très prophétique. En effet, l’attaque brutale de la ville de Buenos Aires puis la riposte guerrière lancée par la Terre pour envahir la planète ennemie m’ont étrangement fait penser au 11 septembre 2001 et aux événements qui ont suivi.

D’autres qualités sont à noter : la présence de Michael Ironside en chef combattant, les effets spéciaux et les scènes d’action très réussis et la bande son signée Basil Pouledouris qui réserve des passages fabuleusement épiques. En bref, un grand film injustement descendu par de nombreuses critiques et boudé par le public.

3 commentaires à propos de “Starship troopers”

  1. Oui, et il faut souligner le côté volontairement exagéré (comme tu le dis c’est une satire) du jeu des acteurs et d’un patriotisme exacerbé : un second degré finalement bien antimilitariste que bien de personnes n’ont pas saisi, prenant ce Starship troopers pour un simple film de guerre futuriste ! Descendu à l’époque par la critique certes, mais boudé par le public en revanche je ne suis pas certain, car ce premier volet a quand même pas mal marché (il y a eu depuis d’autres Starship troopers) et bénéficie aujourd’hui, avec le recul, d’un statut presque « culte » (que je n’aime pas ce terme…) dans le genre. L’attaque du fort, comparée à celle de Fort Alamo, est un des moments fort du film !

  2. Ta plume est bien acérée concernant Heinlein. En réalité, le personnage est bien plus complexe qu’il n’y paraît. Heinlein a d’abord été de gauche (oui enfin bon, démocrate quoi) et ses premiers textes n’ont rien à voir avec ceux qu’il a pu commettre plus tard dans sa carrière d’écrivain de SF. En terre étrangère a par exemple beaucoup circulé dans les milieux hippie des années soixante et Révolte sur la Lune n’a rien d’un bouquin fasciste ou militariste, il aurait même tendance à être classé comme anarchiste.

    Ce n’est que bien plus tard qu’Heinlein a viré à droite, sous l’influence (dixit de bon Dr. Asimov) de sa seconde épouse, issue d’un milieu extrêmement conservateur.

    Sinon tout d’accord avec toi concernant Starship troopers, ce film est excellent et je me souviens encore des critiques ciné assassines qui l’accompagnaient, à tort, lors de sa sortie. Je n’ai toujours pas compris comment des journalistes, qui sont a priori des gens intelligents, avaient pu prendre les propos de Verhoeven au premier degré.

  3. Dans sa « Leçon de cinéma » (proposée par Arte alors que le réalisateur sort son premier film français, Elle), Verhoeven donne des détails de mise en scène : ainsi, les costumes des soldats qui sont inspirés des uniformes nazis et des plans directement copiés du Triomphe de la volonté de Leni Riefenstahl (1935). Ce que l’on retrouve dans ce montage :

    On peut retenir également que Verhoeven a pu faire ce film, d’après ce qu’il dit, car personne ne se figurait ce qu’il était réellement en train de tourner. Il a profité d’une certaine liberté avant d’essuyer les critiques.

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