Sonatine

Takeshi Kitano, 1993 (Japon)

Surprenant film de yakuzas où, entre deux explosions de violence, Takeshi Kitano s’attarde sur l’humanité de ses personnages qui en bord de mer tuent le temps.

A la demande de son clan, Murakawa, un yakuza (« BeatTakeshi »), qui se languit de prendre sa retraite, part avec quelques comparses sur l’île d’Okinawa pour soutenir un clan allier contre un autre. L’histoire paraît un peu confuse mais, suite à une fusillade, Murakawa et les siens s’isolent le temps que les affaires se calment. Sur la plage (déjà décor principal de l’attachant A scene at the sea, 1991), ils jouent au frisbee, se font des blagues pas toujours appréciées (les trous dans le sable, le pierre-feuille-ciseaux avec un flingue), se battent à coup de feux d’artifices lors d’une étonnante scène nocturne… Les règlements de compte qui ponctuent le métrage contrastent nettement avec ces moments de divertissements ou de calme. Les personnages se présentent souvent face caméra dans des postures presque hiératiques et, parmi eux, ceux qui se font dézinguer, non seulement ne bronchent pas, mais ne bougent pas beaucoup non plus pour éviter le feu des balles. La fin est tout autant déroutante : après avoir sauvé son honneur lors des derniers échanges de coups de feu, plutôt que de rejoindre la fille qui l’attend en bord de mer, il arrête sa voiture sur la chaussée et se tire une balle dans la tête. N’ayant plus de clan auquel se rattacher, n’est-il plus permis au yakuza d’exister ?

Une note sur la partition musicale, pas tout à fait une sonatine, mais très simple et toujours juste, composée par Joe Hisaishi qui travaille régulièrement avec les studios Ghibli (dès Mon voisin Totoro en 1988 et même avant avec Nausicaä en 1984) et fidèle de Kitano (L’été de Kikujiro, 1999, ou plus récemment Dolls, 2003).

Une réponse à “Sonatine”

  1. Yep, film génial, presque aussi bon que Hana-Bi. Helas, l’ami Kitano s’est quelque peu perdu sur le chemin de la gloire depuis ces deux chefs-d’œuvre. J’ai vu Takeshis’ en DVD il y a quelques mois et c’est à se tirer une balle en pleine tête tellement on n’y comprend rien. Quand Kitano se prend pour David Lynch, ça donne un film hallucinant et halluciné que je ne recommande pas forcément à ceux qui ont aimé le reste de sa production. Mais que tout ceci ne vous empêche pas d’apprécier Sonatine, qui lui est un vrai bon film.

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