The return of the vampire

Louis Friedlander (Lew Landers), 1944 (États-Unis)




Comme une histoire que la tradition aurait abîmée avec les années, du Dracula de Stocker, il n’est conservé dans ce film que le vampire roumain, l’être qui lui est magiquement asservi, la demoiselle désirée de Londres et l’opposant scientifique. D’autres bribes propres au mythe sont aussi réemployées (le pieu pour paralyser la créature, la croix pour la chasser, le soleil pour la brûler). Le loup-garou avait profité d’une nouvelle mode depuis la réactualisation de George Waggner (The wolf man, 1941). Un de ces monstres est donc présent dans l’histoire de Lew Landers (Andreas, le serviteur du vampire). Armand Tesla, à qui Bela Lugosi prête ses traits, est transformé en vampire à la suite d’ occultes recherches qui le passionnaient. Lady Jane Ainsley (Frieda Inescort), directrice de sanatorium, affronte une première fois Tesla et le met hors d’état de nuire grâce à un pieu fiché dans son torse. Vingt-trois ans plus tard le vampire reprend vie.

Le contexte de guerre ajoute une singularité à ces aventures fantastiques puisque c’est au cours d’un blitz, durant la bataille d’Angleterre (1940-1941), que le cercueil du vampire est déplacé et que deux personnes chargées de nettoyer le cimetière après l’attaque, croyant voir en l’objet un éclat d’obus, décident d’ôter le pieu qui l’immobilisait. Une fois libéré, pour conquérir la blonde Nicki Saunders (Nina Foch*), Armand Tesla emprunte l’identité d’un survivant d’un camp de concentration, un médecin qu’il a fait assassiner par Andreas (quel meilleur argument pour faire de Tesla le monstre absolu?). Lady Jane, qui est la belle-mère de Nicki, devient sa protectrice. Elle avertit les autorités mais elle n’est pas prise au sérieux. Tesla est finalement détruit par Andreas et alors que son cadavre se décompose à ses pieds, le chef de Scotland Yard demande au public lors d’un dernier plan face caméra, si lui croit aux vampires…

Cette deuxième petite réalisation confirme le savoir-faire de Lew Landers (Le corbeau, 1935). The return of the vampire s’inscrit bien dans la veine des films de monstres de son époque.





* Nina Foch tourne entre 1944 et 2007 (elle meurt en 2008) et joue des rôles inégaux, avec Minnelli (Un Américain à Paris, 1951), Cecil B. DeMille (Les dix commandements, 1955), Kubrick (Spartacus, 1961) ou Cukor (Riches et célèbres, 1982). Elle apparaît également dans Sliver (Phillip Noyce, 1993) et de nombreuses séries, Au-delà du réel (1963), Arabesque (1990), Rick Hunter, (1990)…

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