Rango

Gore Verbinski, 2011 (États-Unis)

Rango c’est Depp. Incontestablement. Vampire, pirate, flic infiltré ou ennemi public n°1, l’acteur est caméléon. Et ce caméléon tout sec et tout tordu, rêve justement dans son bocal qu’il est le héros portant secours à la princesse. En bref, au début, avec le costume, le décors et les seconds rôles, il se dirige, fait l’acteur et s’affranchit des exigences d’un quelconque réalisateur. Qui est-il ? Comme il le dit, personne et n’importe qui. Plus précisément, qui il veut. Il mue, mime, imite, se fond dans la masse et… Se distingue. Un shérif à la John Wayne, pourquoi pas ? Un héros sans nom à la Eastwood, c’est mieux. C’est en tout cas dans ce rôle qu’il délivre la ville de Dirt de toutes ses crapules. Il adopte le nom de Rango (Django ?) et la délivre avec… Style ? Non, disons plutôt avec originalité. La même originalité capable d’attirer la sympathie des locaux et des spectateurs, la même originalité que celle de Sparrow sans boussole, d’un journaliste sous exta à Vegas, d’un réalisateur de nanars des années 1950, voire d’un comptable mort s’improvisant poète. Le caméléon est « tonto » mais attachant.

Quand ils ne font plus référence à Johnny Depp ou à sa filmographie , les clins d’œil cinéphiles sont encore très nombreux (parfois aussi très accessoires). Rien que l’intrigue par exemple puise abondamment dans celle de Chinatown (Polanski, 1974) : la question de l’accès à l’eau et de son contrôle n’est plus posée à Los Angeles mais à Las Vegas aujourd’hui (les conflits d’usage réels générés par la métropole composent ainsi toute la trame du scénario). Plus anecdotique, même le maire comploteur, une vieille tortue avec canne et chapeau, reprend la silhouette voûtée de John Huston.

L’aventure possède bien sûr son lot de scènes d’action et, parmi elles, la course-poursuite en carriole et chauve-souris est un sommet. Puis, lorsque chevaucher à bride abattue ne suffit plus, Rango revient sur ses pas et reprend la voie sèche de l’initiation. Il traverse alors la route, brave la mort ou tout comme et finit par rencontrer l’« Esprit de l’Ouest » (Clint Eastwood à nouveau, et ici au firmament des références). De là, sans que de véritables mystères soient révélés, Rango trouve simplement une nouvelle source d’inspiration et achève son histoire. Une petite réussite pour ILM dont il s’agit du premier long métrage d’animation, un quatrième succès pour Depp et Verbinski, un quatrième avant Lone ranger (2013).

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