Rafle, La

Roselyne Bosch, 2009 (France)





Une critique vive de la bande-annonce suivie d’un avis plus indulgent sur le film


LES FAITS
Les 16 et 17 juillet 1942 à Paris, des milliers de policiers, obéissant aux ordres de René Bousquet et de l’administration de Vichy, arrêtent 13 000 juifs, dont 4 000 enfants. Une partie est envoyée dans le camp de Drancy alors que les autres passent plusieurs jours enfermés dans le Vélodrome d’Hiver de la rue Nélaton (15e arrondissement). Ils sont ensuite déportés vers les camps d’extermination allemands.

FILMER LE VEL D’HIV
Comme il est noté dans le document d’accompagnement distribué aux enseignants, la rafle du Vel d’Hiv a déjà été traitée dans deux fictions : Les guichets du Louvre (Michel Mitrani, 1974) et Monsieur Klein (Joseph Losey, 1976). En 1992, deux documentaires se basaient sur des témoignages, notamment ceux des enfants ayant échappé à la déportation : La rafle du Vel d’Hiv… 50 ans après (Blanche Finger et William Karel) et Les enfants du Vel d’Hiv (Maurice Frydland).

QUESTION DE MÉMOIRE
En 1987, au cours du 47ème anniversaire de la rafle, Simone Veil dans son discours évoque les leçons du passé et le devoir de mémoire. L’élévation d’un monument commémoratif n’est décidé qu’en 1993 (décret du 3 février) par le président François Mitterrand. Lors de l’inauguration, le 17 juillet 1994, une partie du public proteste (« Mitterrand à Vichy ») car le chef de l’Etat lors d’un discours prononcé trois jours avant pour la fête nationale avait déclaré que la République n’était pas « comptable des actes de Vichy ». L’année suivante, au cours de la cérémonie du 53ème anniversaire, le président Jacques Chirac reconnaît officiellement la responsabilité de l’Etat français dans la déportation des Juifs sous le régime de Vichy (« Oui, la folie criminelle de l’occupant a été secondée par les Français, par l’Etat français », 16 juillet 1995).


LA PROPOSITION DE ROSELYNE BOSH ET LES PROMESSES D’UNE BANDE-ANNONCE
Que fait la scénariste de Bimboland (Ariel Zeitoun, 1998) avec des événements qui cinquante ans après déchainent encore les passions ? D’après la bande-annonce, La rafle se positionnerait de façon assez singulière dans l’histoire de la représentation de l’Occupation française au cinéma. Examinons donc la sélection qui a été faite des plans pour fabriquer le film publicitaire.

Eté 1942. Des gamins dans une classe et un instituteur à blouse bleue qui les prévient : « Le premier qui mentionne cette foutue étoile, et beh j’y mets mon pied au cul, c’est clair ? – [tous les élèves ensemble] Oui Monsieur ! ». La situation prête à sourire d’autant plus qu’il pourrait s’agir d’une colère d’adulte après n’importe quelle bêtise d’enfant. Mais plusieurs éléments annoncent que le ton ne sera pas léger très longtemps : l’étoile jaune bien sûr, le portrait de Pétain derrière l’enseignant, un panneau dans un square « Interdit aux juifs ». Apparaît Gad Elmaleh* : il lance une blague à des enfants (« Vous savez qu’Hitler pense que si le Titanic a coulé, c’est à cause de nous. [Avec l’accent allemand] – Ice Berg encore un juif ! »). Puis, l’imitation d’Hitler par un enfant précède l’image du Führer qui, exalté et rempli de haine, annonce la « suppression du peuple juif de la surface de la Terre ». Durant les trente premières secondes, la bande-annonce alterne ainsi entre un registre comique (rappelant fortement Les choristes de Christophe Barratier, 2003 [2]) et le drame. Une ambiguïté se révèle.

La minute qui suit porte sur la rafle elle-même mais insiste sur l’arrestation des enfants : les décisions des chefs français, la menace des gendarmes dans la nuit, les mères affolées (Sylvie Testud alarmée, assez mauvaise dans son exclamation). Face caméra, un garçon au bord des larmes met fin à ce court enchaînement plein d’action (« On devrait prévenir papa »). La tristesse d’une mélodie au piano remplace alors l’emportement de la musique orchestrale. Un plan montre l’étreinte entre Gad Elmaleh et son fils. Voilà une promesse de gorge serrée et d’émotions. Entre temps un comptable pressé interroge : « On en a combien ? J’ai dit combien ? » et c’est à Liam Neeson que l’on pense dans La liste de Schindler (Spielberg, 1993).

Dernière minute. On découvre le Vélodrome d’Hiver en même temps qu’une infirmière jouée par Mélanie Laurent (l’actrice est identifiée par les Américains comme la juive qui se venge depuis Inglourious basterds, Tarantino, 2009). Le mouvement de caméra est alors très comparable à celui effectué autour de Russell Crowe par Ridley Scott lorsque son personnage entre dans les arènes du Colisée de Rome (Gladiator, 1999). Roselyne Bosch promet aussi du spectacle.

Ne manque-t-il pas de quoi plaire sur le marché international ? Non car, dans le vélodrome, Jean Reno [3] fait le médecin et porte secours à la population en détresse. Question décors, comme dans La môme (Dahan, 2006) et Amélie Poulain (Jeunet, 2001), la carte postale parisienne a été soigneusement préparée (la butte Montmartre et, au moins sur l’affiche du film, le Sacré-Cœur).

La bande-annonce se clôt sur des images des convois de train et du camp de Beaune. Les répliques qui les accompagnent sont plutôt maladroites (« Je savais pas tout ça », « J’aurais dû vous protéger », « Ils devront payer »). Les violons sont mélodramatiques. Un train part et un garçon le regarde en bord de voie ferrée. Promesse d’une fin heureuse pour ce gamin (peut-être Joseph Weismann qui témoignera plus tard) ?

Roselyne Bosch, « ancienne journaliste d’investigation », réalise un film qui s’inscrit dans la vague des métrages qui reconnaissent la collaboration du gouvernement français et sa responsabilité dans les déportations des juifs durant la Seconde Guerre mondiale. La reconstitution se veut la plus historique possible (les personnages ont existé, le récit est solidement basé sur des témoignages, les producteurs ont fait les démarches pour toucher les scolaires…). Pourtant, les références que j’ai citées (et avec lesquelles les plans choisis dans la bande-annonce ont manifestement quelques affinités) paraissent tirer La rafle loin de l’histoire pour ramener le film tant vers le mythe (la carte postale), que la construction toute calculée d’un produit bon pour la vente. Les promesses de la bande-annonce ? Celles d’une réalisation pédagogique et tout à fait indigeste.

Benjamin

[1] Faut-il mentionner la popularité de l’humoriste, également connu pour ses rôles comiques au cinéma ? La vérité si je mens ! 2, (Thomas Gilou, 2001), Chouchou (Merzak Allouache, 2003), Coco son premier film en tant que réalisateur en 2009…

[2] Énorme succès populaire sur une école à la fin des années 1940.

[3] Présent dans Da Vinci code (Ron Howard, 2006), Les visiteurs en Amérique (Jean-Marie Poiré, 2001) ou Godzilla (Roland Emmerich, 1998).

Sources utilisées : document d’accompagnement de La rafle à destination des enseignants, site Herodote, site de l’Ina.





Roselyne Bosch s’est attachée à montrer le drame du Vel d’Hiv sous tous ses aspects, de la vie d’une famille juive habitant Montmartre à la réception festive et permanente dans le chalet bavarois d’Hitler. La réalisatrice montre les décisions politiques françaises et allemandes qui ont conduit à cette rafle et ce qui est advenu des déportés (jusqu’au départ vers les camps d’extermination).

Je vous avoue que je voyais ce film comme un ratage complet ! Le résultat est finalement meilleur qu’on aurait pu l’imaginer. Evidemment, il y a des maladresses. Par exemple le personnage d’Hitler est très proche de celui de Tarantino dans Inglourious basterds (2009) ce qui, dans ce genre de film, est franchement ridicule. Je rejoins Benjamin (lire ci-dessus) quant à la comparaison avec La liste de Schindler, certaines séquences rappellent véritablement le film de Steven Spielberg (comme la séparation des femmes et des enfants). Enfin, rajouter du mélodrame sur un sujet déjà terrible est en soi inutile et maladroit.

Mais je l’ai dit, tout n’est pas loupé. J’ai été agréablement surpris par le jeu des acteurs. Gad Elmaleh est étonnant de sobriété. Mélanie Laurent est bien plus convaincante en infirmière dévouée et impuissante devant la barbarie nazie qu’elle ne l’avait été en cinéaste résistante dans Inglourious basterds. Le film est bien documenté et permet de rendre compte de la cruauté infligée à un peuple par un pays censé les accueillir et les protéger. Le Paris de l’époque est bien reconstitué et la réalisatrice parvient à éviter tant l’effet « carte postale » que la surenchère d’effets visuels. En bref, c’est finalement un assez bon film, dur et émouvant, qui a le mérite de faire réfléchir sur les choix à faire face à la barbarie (aide ? collaboration ? indifférence ?).

Etienne

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13 Replies to “Rafle, La”

  1. Je reviens sur une facilité que je me suis permise (« la scénariste de Bimboland« ) car je lis dans un dossier préparé par TéléObs (n°2336) que Roselyne Bosch a personnellement connu des rescapés de la rafle, dont le père de son mari…

    La rafle n’est peut-être pas une simple commande de producteur.

    Le film n’en est pas moins propre et lisse (voir l’article de Zéro de conduite que je rejoins en tout point).

  2. Pour Etienne et Benjamin, juste pour vous dire ceci : vous êtes des « paranos ». Non, les cinéastes ne mettent pas cinq ans de leur vie dans un projet parce que c’est une « commande » de producteur. Nous ne sommes pas en Amérique. Ce type de film « de commande » n’existe en fait en France que très rarement. Encore le plus souvent, s’agit-il de comédies – on les remarque au fait que les auteurs des scripts ne sont pas les réalisateurs. Aucun film de l’ampleur de « La Rafle », qui implique une grande responsabilité morale, ne se fait comme vous l’avez imaginé, comme un calcul. Car il faut que vous sachiez que, sur le papier, personne dans le métier ne donnait cher d’un tel projet. En raison même de son sujet. Beaucoup dans la profession pensaient que jamais le public français n’aurait le courage d’aller voir un film qui peut « faire mal ». Qui n’est pas un film « du samedi soir ». Je ne sais pas quel est votre âge. Mais bon sang ! Si vous n’avez foi en rien, ni en personne, dites-moi ce que vous allez faire, ou ce que vous faites de vos vies ! Informez-vous, avant de vous en prendre à des équipes, des cinéastes, des comédiens, qui y sont allés pour les meilleures raisons du monde. A des tarifs ridiculement bas compte tenu de leur notoriété. Qui ont passé avec moi 14 semaines d’enfer par 45° à l’ombre dans le Vel d’Hiv, puis dans un camp entouré de barbelés. Et non, ne vous en déplaise, les cinéastes n’ont pas besoin d’imiter l’immense Spielberg. Des mères et des enfants ont été séparés. Pas une seule seconde je n’ai eu en tête une quelconque scène d’un autre film. En revanche, j’ai lancé mes trois steadycamers à l’assaut des mères et des enfants, dans la mêlée, telle que les rescapés me l’ont raconté. Honte sur vous de croire que tout cela est du calcul. C’est minable !!! Informez-vous ! Que la toile ne devienne pas un immense n’importe quoi. Bien à vous.
    Rose Bosch

  3. A propos de « l’assaut des steadycamers »:
    Deux films sont sortis simultanément sur des pages oubliées de la Shoah : La rafle et Liberté (de Tony Gatlif); et bien, en un seul plan séquence – un long travelling sur une file d’hommes, de femmes et d’enfants gitans, le regard fixe, le corps figé, attendant d’être enregistrés à l’entrée d’un camp – ce seul plan, silencieux, porteur de toute la tragédie d’un peuple oublié par l’histoire – et bien, ce seul plan de Gatlif en dit plus et bien davantage sur la Shoah que les 115 laborieuses minutes de La rafle, téléfilm décoratif et banal qui noie toute possible réflexion sur l’histoire dans un sentimentalisme naïf et une mise en scène pompière, le tout drapé dans une bonne conscience et de bonnes intentions qui font très mauvais ménage avec la représentation d’une vérité historique. Oui, madame Bosch, j’ai foi dans un cinéma, mais certainement pas celui-là.

  4. Il y a quelques temps, j’avais moi aussi fait une critique plutôt virulente (et assumée !) d’une bande-annonce, celle de Faubourg 36. Une erreur (écrire un papier sur une simple bande-annonce) ? Peut-être, peut-être pas. Mais je suis ensuite allé voir le film pour tout de même me faire ma propre idée et voir si les impressions pour le moins mitigées que m’avaient laissé cette b.a. se confirmaient ou pas. Ici, voir un article aussi conséquent sur une simple bande-annonce (l’article sur le film est en fait trois fois plus court !) me paraît assez dérangeant (idem pour les commentaires laissés sur la Kino sur des films carrément non vus)… Et je comprends tout à fait la réaction bien plus virulente de Rose Bosch qui a certainement mis tout son cœur à faire ce film.
    Pour ma part La rafle est un film qui m’a beaucoup touché tout simplement… Et au-delà du film c’est l’horreur de cette bien noire période qui m’a indigné, même en connaissant les faits l’émotion est là. Le seul point qui, personnellement, m’a fait prendre un peu de distance avec le récit est le fait de voir des acteurs/ices trop connus et par là même ne pas forcément arriver à voir distinctement le personnage incarné mais l’acteur qui l’incarne (et ces personnes dans la salle à chaque apparition: « ah t’as vu c’est Jean Reno ! », « et là c’est Gad Elmaleh ! »). Mais après, le film est très bien réalisé et prend aux tripes.

  5. Merci à vous Rose, et à tous ceux qui y ont participé de près ou de loin à ce film merveilleux.
    Je suis sortie de la séance bouleversée comme je m’y attendais.

    Pour être maman, la scène de la séparation a fait ressortir tout ce qu’une mère peut ressentir lorsqu’on lui arrache son ou ses enfants !! D’où peut-être la similitude avec La liste de Schindler, mais tout à fait normale puisque ça se passait comme ça dans diverses villes d’Europe.
    C’est sans doute pour ça qu’ Etienne et Benjamin ne peuvent comprendre.
    Les acteurs sont criants de vérité.
    Bravo.
    Et surtout qu’on n’oublie pas cette partie peu glorieuse de l’histoire de France.

  6. Juste une question : au début du film il est écrit que tout est vrai, en est-il de même pour les retrouvailles de Nono (tellement touchant) ?

  7. Prenons le contre-pied des premiers commentaires rageurs et publions un extrait de l’échange assez intéressant qu’il nous a été ensuite possible d’avoir avec la réalisatrice. Voici ce qu’elle écrivait à propos des scolaires :

    « Au commencement, alors que mon film n’était pas terminé, le ministère de l’éducation nationale appelle. « Il paraît que vous avez un film qui retrace le Vel’ d’Hiv’. On veut le voir ». Ils envoient une vingtaine de spécialistes voir le film qui n’est même pas terminé. Même pas étalonné. Même pas encore bruité. Ils sortent en estimant que le film est « juste ». Qu’il rend compte d’une réalité. Ils sont bouleversés. Ils veulent que le film soit vus dans les collèges. Ils réalisent eux-mêmes avec la collaboration d’une société qui fait des « plaquettes » dix sept milles plaquettes qui sont distribuées dans les collèges.

    Dois-je dire non ? Non, je n’ai pas envie que les ados français voient ce film ?

    Mais c’est le contraire. J’espère qu’ils vont aller le voir. Et qu’ils ressortiront en se disant « quand un ordre est injuste, on a toujours un pouvoir : celui de dire « non » ».

    On fait des films pour tout un tas de raisons. Parfois, comme ici, pour des raisons « politiques ». C’est-à-dire avec le secret espoir que le film fera une (petite, modeste) différence. Que les gens qui le verront ressortiront « réveillés ». Décidés à se battre. »

  8. Mon avis est encore différent de ceux déjà écrits, mais la diversité enrichit les échanges !
    J’ai trouvé le film juste, tant au niveau des décors, de la réalisation,que du jeu des acteurs. Certes, il est étonnant de voir Gad Elmaleh dans un rôle dramatique, lui la tête d’affiche de l’humour français actuel, mais diable, il joue juste. Entièrement d’accord aussi sur le fait que Mélanie Laurent est beaucoup plus convaincante que dans le rôle de Shosanna (Inglourious basterds), les enfants sont formidables, chacun dans son rôle, le petit Nono est très touchant. Udo Schenk interprète bien le rôle d’Hitler, je ne vois pas Etienne ce qu’il y a de ridicule : le personnage (monstre devrais-je dire !) possédait réellement ces traits qui sont rendus par la caméra (colérique, d’humeur changeante…).
    J’ai plutôt été gêné, et je vais choquer pas mal de monde, par le fait que c’est le énième long métrage consacré à ce moment terrible de l’histoire de l’humanité et donc il ne peut y avoir de surprise (sauf si Quentin Tarantino est aux commandes !). Alors il faut entretenir le devoir de mémoire, s’adresser aux jeunes générations… en cela, le film de Rose Bosch remplit très bien cette mission, comme beaucoup d’autres l’ont fait jusque-là…
    Concernant les critiques des bandes-annonces, cela m’intéresse très peu, voire pas du tout : je vais voir un film, pas des bandes-annonces. Les BA sont de la publicité au même titre que les 4×3 qui envahissent nos villes et nos campagnes. Comment peut-on juger un film sur une BA ? C’est extrêmement réducteur, non ?

  9. Que le cinéma s’empare une fois de plus de la période 1939-45 ne me dérange en rien ; d’autant plus qu’il y a encore nombre d’épisodes non traités. Et si le même épisode était traité sans arrêt, du moment que le point de vue change, que l’intention est d’apporter quelque chose de nouveau, pourquoi pas.

    Hitler était ridicule (à nos yeux mais peut-être pas à l’époque) quand il accompagnait ses discours de gestes amples et répétés afin de gagner en présence et en rhétorique. C’est vrai devant des caméras, devant des spectateurs (l’art de la propagande). R. Bosch filme son acteur lors d’un discours radio et veut le rendre ridicule : gros plan, postillons, grimaces… L’exercice est facile.

    Sur le commentaire autorisé des BA, voir celui « définitif » du 27 mars 2010 sur la page d’Out of Africa.

  10. Je trouve ça tellement ahurissant de s’extasier devant ce genre de film.
    Pourtant, de nos jours, c’est la mode de critiquer à tout bout de champ les politiques par leur manière d’être, leurs logos, de les ranger dans la boîte ‘langue de bois’, de dénoncer leur intervention comme racoleuse, comme pré-électionaliste.

    Je me demandais s’il ne serait pas bienvenu de faire pareil avec le cinéma ?

    Ca devient pesant de voir toujours ce genre de film, avec ce genre de réalisateur/trices qui s’aventurent
    -entre un film d’auteur et un film américain- avec sa pancarte « c’est un film moral, c’est important pour l’éducation des enfants, pour le souvenir collectif » avec sa recette qu’on retrouve au chapitre ‘comment se faire un bon petit pactole’ dans le livre de grand-mère :
    Prenez un grand saladier, versez les 2 L. de PATHOS (que le spectateur pleure, c’est bénéfique) ajoutez-y un sachet de « livre d’histoire de terminale », n’oubliez pas le conformisme nécessaire sinon ça sera trop cuit, puis avant la cuisson saupoudrez avec une pincée d’acteurs à succès pour racoler encore quelques spectateurs qui a priori n’étaient pas fans du projet, cuire 1h45 pas trop long pas trop court.
    Si vous vous apercevez que la dose ‘salvateur’ ou ‘rédempteur’ ne ressort pas assez de la recette, laissez tomber, vous perdrez tout votre budget, car oui le spectateur aime bien se déculpabiliser et sentir que le Gentil a gagné.

  11. Retour sur les problèmes posés par le film par Annette Wieviorka, directrice de recherche au CNRS, à lire sur le site de L’histoire (tableau idyllique de la vie juive à Montmartre, situation de Beaune-la-Rolande en pleine forêt, résolution de la question concernant ce qui était su à propos du sort des Juifs dans les camps de concentration…).

    Voici la conclusion de l’historienne :

    « Il faudrait s’interroger sur l’énergie qui est mise depuis des années à transformer l’histoire du génocide des Juifs en une histoire acceptable pour les enfants. Une histoire pleine de compassion, de bonté, de dévouement, de vie, triomphe du bien sur le mal et qui installe chez tous une bonne conscience rétrospective. Une histoire sans silence ou sans creux et qui gomme l’inquiétude sur la nature humaine et sur les mécanismes politiques. Or enseigner l’histoire, ce n’est pas fournir une connaissance tout prête. C’est apprendre à questionner le passé. »

  12. Il est quand même incroyable que dans le film La rafle le personnage de Bousquet soit passé sous silence et qu’on n’arrive pas à savoir qui joue le rôle de René Bousquet, personnage ayant été l’organisateur avec Laval. Seules les stars connues sont mentionnées.
    POURQUOI ?

  13. Sur l’Imdb : Pétain est interprété par Roland Copé (le père de Jean-François), Laval par Jean-Michel Noirey et Bousquet par Frédéric Moulin. Mais j’imagine que tous ces acteurs sont au générique.

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