Quand j’étais chanteur

Xavier Giannoli, 2006 (France)

Alain et Marion (Depardieu et Cécile de France) viennent de coucher ensemble. C’est le début du film. Elle ne le connaissait pas. Il l’a abordée, s’est montré bien lourd mais un peu d’alcool a fini par la pousser jusque dans son lit. La première nuit, ils la passent donc ensemble. Déjà un Paradis perdu. Le lendemain c’est le malaise. Il est vieux, désuet et trop vedette locale. Elle, jeune, plus bourgeoise dans l’âme, c’est un autre monde. La deuxième nuit, Alain est seul chez lui. La troisième, c’est Marion qui passe une triste soirée. Il n’y a pas de quatrième soir sinon bien plus tard dans le film. Xavier Giannoli dépeint la vie d’une célébrité itinérante du Puy-de-Dôme, un chanteur de variété pour boîtes à célibataires un peu fanés, un spécialiste usé de la « roucoule » (Delpech, Vartan, Iglesias…), un crooner menacé par le karaoké. Depardieu tombe amoureux de la fille en rouge, Cécile De France. Mathieu Amalric ou Christine Citti viennent un peu compliquer des relations qui, entre de mélancoliques passades d’un côté et une séparation avec petit garçon et hôtel de l’autre, ne sont déjà pas des plus simples. Il y a deux trois défauts de raccords (une cigarette là, un café ici), quelques répétitions (le vide des maisons vides et les cheveux en papillotes), mais le regard est tendre et le film, porté par la masse Depardieu vers laquelle Cécile de France penche doucement, assez plaisant.

Une réponse à “Quand j’étais chanteur”

  1. Je partage la même sensibilité pour ce film très touchant, par la simplicité du rapport humain qu’il donne à voir, par son aspect ringard assumé, à l’opposé de l’air du temps. Et parfois ça fait du bien de changer d’air.

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