Prédictions

Alex Proyas, 2009 (Etats-Unis)

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A en juger par la bande-annonce, Prédictions a tout du bon gros blockbuster américain mi-fantastique mi-catastrophe, fourré de son lot de scènes spectaculaires et profitant d’une star à la fois « inter-nationale » et « inter-changeable » en tête d’affiche (à la place de Nicolas Cage, on aurait très bien pu voir Will Smith, Keanu Reeves ou Tom Cruise). Bref, le genre de film qui, jouant sur les peurs ancestrales de l’apocalypse, s’est multiplié la fin de siècle approchant et que la tendance a installé dans ce nouveau siècle débutant: La fin des temps (Peter Hyams, 1999), Le jour d’après (Roland Emmerich, 2004), La guerre des mondes (Steven Spielberg, 2004), Je suis une légende (Francis Lawrence, 2007), Le jour où la Terre s’arrêta (Scott Derrickson, 2008)… Et j’en oublie sûrement !

Pour fêter l’anniversaire d’une école, un concours est organisé : le projet retenu est celui d’une capsule temporelle qui sera scellée et mise sous terre durant cinquante ans. Elle contiendra les dessins des enfants sur leur vision du monde de demain. Chacun des petits dessine des objets volants, des voitures futuristes… Rien que de très banal. Toutefois une jeune fille, visiblement très en marge du reste de la classe, écrit à toute vitesse une longue série de chiffres. Elle semble ne pas pouvoir s’arrêter, alors la maîtresse lui retire sa feuille et place son « dessin » dans l’enveloppe, au milieu des travaux de ses camarades, dans la capsule…

Cinquante ans ont passé, la capsule est déterrée et ouverte et les enveloppes contenues sont distribuées à de nouveaux élèves. Le jeune Caleb Koestler hérite de la feuille sur laquelle est inscrite cette série si énigmatique de chiffres. Intrigué et persuadé qu’il y a bien un sens derrière tout cela, il décide de la ramener chez lui. Par un concours de circonstances, son père, un statisticien et spécialiste du soleil, découvre rapidement l’étrange secret : il s’agit de dates et du nombre exact des victimes des plus grandes catastrophes de ces cinquante dernières années ! Seulement, il reste encore trois dates, très proches les unes des autres et la première est fixée au lendemain…

Prédictions s’inscrit bien dans la lignée des longs métrages décrite précédemment, mais en toute honnêteté on pouvait s’attendre à pire. Alors certes, le côté gentiment agaçant d’une « histoire personnelle difficile au milieu d’un contexte et d’événements extraordinaires » est bien présent. Dans La guerre des mondes, on avait droit au couple divorcé dont le père s’occupait plus ou moins bien de ses enfants, dans Je suis une légende l’enfant est remplacé par un chien (« le meilleur ami de l’homme »), dans Le jour où la Terre s’arrêta c’est l’héroïne qui élève seule son enfant… Et ici rebelote : John Koestler (Nicolas Cage), veuf devenu célibataire endurci, élève seul son gentil petit gamin (sic). De ce côté-là, en effet, rien de bien neuf. Il faut vraiment attendrir le spectateur moyen ! En revanche, le scénario, bien ficelé, se révèle très efficace en matière de rebondissements et dévoile un côté science-fiction auquel je ne m’attendais pas. Prédictions est à la fois bien construit et bien rythmé, on ne s’ennuie pas et, mieux, le film fait carrément peur. Les scènes que cela concerne frisent même le fantastique, voire l’épouvante ! Et puis ici, pas de pubs déguisées, ou alors je ne les ai pas vues !

Au final, en faisant abstraction des codes grand-public et des concessions commerciales évidentes, Prédictions est un bon divertissement mêlant habilement le genre catastrophe et SF. Evidemment plusieurs scènes exceptionnelles en matière d’effets spéciaux l’accompagnent, notamment celles consacrées aux destructions de grande ampleur (une fois de plus, il est dommage que la bande-annonce en montre tant : le crash d’avion et le déraillement du métro ne sont donc plus des surprises… Mis à part le final dantesque, ce sont en plus les deux « grosses scènes » du métrage !). Bonne surprise donc !

5 commentaires à propos de “Prédictions”

  1. Les contextes familiaux ou sociaux sont souvent, je trouve et en exagérant à peine, plus intéressants que les histoires fantastiques elles-mêmes. La guerre des mondes de Spielberg est un exemple d’exception, comme Signes de Shyamalan d’ailleurs, mais j’ai déjà fait ce rapprochement (Rencontres du troisième type).

    Proyas s’était distingué avec The crow (1994) et Dark City (1998), puis affadi avec I, Robot (2004 ; avec, en effet, d’insupportables publicités tous les quatre plans). Je ne dis pas que je ne me laisserais pas tenter par ces Prédictions mais je préfère davantage espérer d’une de ses futures réalisations, Dracula Year Zero ! Un super héros serait également dans ses projets, Le surfeur d’argent, allons bon…

    Je crains cependant que l’affadissement de ce bon faiseur ne rende ses productions comparables à celles de Bay, telles The island (2005) ou pire Armageddon (1998) et Transformers (2007).

  2. En vérité, je n’ai pas vraiment aimé le film à part les scènes de catastrophe très réussies (surtout celle de l’avion). Le reste frise souvent trop l’invraisemblance. Par exemple, la façon dont le héros arrive à résoudre les énigmes des chiffres est vraiment incohérente. De plus ce long-métrage laisse, pour ma part, un sentiment de malaise. En effet, le fait de mélanger à tout prix les extraterrestres avec la religion (les références y sont nombreuses: l’arche de Noé, Adam et Eve…) ressemble beaucoup aux discours de nombreuses sectes (dont Rael et la Scientologie) qui connaissent un certain essor de l’autre coté de l’Atlantique.

  3. Bon je me lance, pour un bref résumé. Mon impression est plutôt l’inverse de celle de Ludo, déjà effectivement le « mystère des chiffres » qui tombe entre les mains d’un astrophysicien (dont le cours ressemble plus à un cours de religion qu’ un cours d’astrophysique) « chouette » aurait-on pu dire ! Que nenni nous répond le scénariste, ce mystère, il va le trouver, comme tout un chacun en le « googlant ». Bref l’originalité de quelques idées scénaristiques est, pour moi, noyée dans un ensemble de détails invraisemblables.
    Je confirme aussi l’impression de malaise laissée par le mélange religion et extraterrestre.

  4. En fait je suis plutôt d’accord avec l’ensemble de vos commentaires, le côté religieux/sectaire peut en effet être dérangeant, celui plus simpliste de la découverte du secret des chiffres, etc. Mais en prenant le film pour un simple divertissement, il m’a tenu en haleine et fait passer un bon moment. Après c’est vrai qu’il faut pas être trop regardant (Nicolas Cage…). En tout cas, pas mal de personnes l’ont vu!

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