Only lovers left alive

Jim Jarmusch, 2013 (États-Unis)

« Tout près de la vie, notre mort, l’arbre de la science, croissait ;
science du bien acheté cher par la connaissance du mal. »
J. Milton, Le paradis perdu, trad. Chateaubriand, livre IV, 1861.

Article revu, paru dans Zoom ArrièreZA#5, Les films de Jim Jarmusch, 15 films, 51 textes, Critiques, analyses et notes (mai 2021).

6 commentaires à propos de “Only lovers left alive”

  1. Certaines scènes alternatives contiennent des citations de Rûmî, mystique Persan lié à l’ordre des Derviches tourneurs et à leur danse giratoire dont on retrouve le mouvement symbolique tout au long du film…

    « Tu as dit ce que tu es.
    Je suis ce que je suis.
    Tes actions dans ma tête,
    ma tête dans mes mains,
    en un mouvement circulaire
    si parfait qu’il est indicible. »

    Rûmî, XIIIe siècle

  2. Ce qui fait beaucoup penser aux Lumières aussi, c’est ce procédé consistant à livrer une réflexion sur l’humanité à travers le regard d’un étranger (le Persan chez Montesquieu, l’habitant de Sirius chez Voltaire, le vampire chez Jarmusch). Chacun des trois vampires du film adopte une position différente sur les « zombies » que nous sommes (Adam les méprise, Eve les regarde avec la même curiosité scientifique que les plantes, Ava se plonge dans leurs vicissitudes).
    J’aime le pessimisme du propos sur l’humanité dans ce film. Toutefois, le paradoxe de cette humanité tout à fait méprisable, mais productrice aussi du nectar dont ces vampires se délectent bien plus que de sang, la culture, n’y est jamais résolu.

  3. A lire chaussé de santiags et de lunettes noires, l’éclat grenat de ton texte explose en spirale hypnotique, et l’on se trouve happé par le syphon de ce microsillon tracé dans le film de Jarmusch. J’aurais aimé me joindre au banquet des cinéphiles. Peut-être à l’occasion d’autres explorations nocturnes.

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