Christophe Honoré, 2009 (France)

Très certainement un des moins bons films vus en salle cette année (remarquez que je ne parle pas de « plus mauvais » tout de même, la nuance est importante !)… Ce nouveau Christophe Honoré cumule en effet si ce n’est des défauts, des effets de style bien agaçants (je ne comparerai pas avec sa filmographie passée puisque je n’ai pas vu les précédents Dans Paris en 2006 ou La belle personne en 2008).
L’histoire ? Euh, quelle histoire ?! Ah si, celle de Léna (Chiara Mastroianni), qui élève plus ou moins bien ses enfants depuis sa séparation avec Nigel (Jean-Marc Barr). Et ses relations avec sa famille (sœur, parents…). « Oui mais le sujet ? » me demanderez-vous ! Il n’y a rien de plus : pas de début ni de fin, juste une tranche de vie de cette (belle ?) personne… C’est un peu léger comme idée de départ me direz-vous, certes, mais cette chronique de mœurs, rondement menée, aurait pu néanmoins faire un bon film sur les sentiments, les relations familiales, les doutes… Malheureusement, rien de tout ça. D’autant plus avec les acteurs cités plus haut qui ne sont tout de même pas les premiers venus, et auxquels en plus viennent s’ajouter entre autres Marina Foïs et Marie-Christine Barrault ; ça fait quand même du beau monde… Malgré un ton juste et plus vrai que nature, cela ne suffit pas.
Du début à la fin, le film ressasse des rancœurs familiales insupportables qui nous pousseraient presque à crier, si l’on ne savait se contenir, « ça va, moi aussi j’ai ma dose avec ma famille ! »… Situations conflictuelles interminables, dialogues de sourd ou chacun veut le dernier mot, prises de tête et de bec à n’en plus finir : Non ma fille, tu n’iras pas danser se résume à ça et donne envie de mettre des claques à tout le monde ! Si le but était d’agacer, c’est réussi ! De même, Chiara Mastroianni est particulièrement grinçante en femme qui ne sait pas ce qu’elle veut, idem pour Marina Foïs en rabat-joie névrosée… Et au beau milieu du film surgit une scène sensée imager le propos de manière métaphorique (d’où le nom du long métrage) et surtout très intellectuelle : celle de noces traditionnelles bretonnes où une jeune femme cherche désespérément son futur époux en entraînant les hommes un par un à la mort par épuisement dans une danse interminable. L’idée aurait pu être bonne, sauf que la scène tombe comme un cheveu sur la soupe et au lieu de ne durer qu’une poignée de secondes ou de minutes, elle se prolonge dix bonnes minutes avant de revenir brutalement dans l’univers maussade et urbain qui la précédait ! Enfin, dix minutes j’exagère peut-être (mais peut-être pas, car ça dure une éternité) car j’ai aussi eu l’impression que le film durait trois heures, alors qu’il en fait moitié moins…
MaîtreLudo
Ornelune said
octobre 24 2009 @ 7:51
Les critiques étaient plutôt positives sur ce film mais pas toutes. Jérôme Momcilovic par exemple sur Chronicart a été très cinglant.
Sa remarque concernant l’affiche gâchée par un slogan très moche, « Vivez libre », n’est pas fausse. Réussite publicitaire (combien avons-nous été à nous interroger ?), étrange pour un film.
Je n’ai pas vu Non ma fille mais je regrette qu’il y ait, compte tenu de ton billet Ludo et de quelques autres, une possibilité de mauvais film, pour une fois que Chiara Mastroianni profitait d’un premier rôle.