Motif # 142

La pierre philosophale ?

Harry Potter and the philosopher’s stone de Chris Colombus (2001), titre que l’on préfère à sa traduction Harry Potter à l’école des sorciers.

Dans le film de Colombus, la pierre philosophale ressemble à un gros cristal rouge qui nous fait penser, en plus grossier, au verre rubis de Werner Herzog (Cœur de verre, 1976). Dans le film, ses propriétés sont décrites par Hermione à Ron et Harry. 

D’après un gros livre que la fillette consulte devant ses amis, l’écrivain parisien du XVe siècle Nicolas Flamel est le seul alchimiste qui aurait su fabriquer la pierre philosophale. Cette pierre est « une substance légendaire qui assure la transmutation de n’importe quel métal en or ainsi que la production d’un élixir de vie capable de rendre immortel ». Flamel, ami de Dumbledore, vit toujours au moment où Potter rejoint l’école de Poudlard. La pierre est détruite à la fin du film, mais Dumbledore rassure Harry en lui disant que Flamel a encore assez d’élixir de longue vie pour remettre un peu d’ordre à ses affaires.

Malgré la ténacité de la légende et malgré les ouvrages qui lui ont été attribués, Rappelons que Flamel n’a jamais été un alchimiste (Robert Halleux, « Le Mythe de Nicolas Flamel ou les mécanismes de la pseudépigraphie alchimique », dans Archives internationales d’histoire des sciences, Oxford, 1983, vol. 33, no 111, p. 234-255).

Il n’y a pas grand chose d’alchimique dans le premier volet d’Harry Potter en dépit de la promesse du titre et du prétexte que constitue la pierre pour affronter l’ennemi Voldemort. Dans la Grande Salle de Poudlard, on peut néanmoins prêter attention à une peinture qui figure au-dessus de la porte (derrière la chouette sur l’image ci-dessous).

Cet entrelacement de dragons, peint sur un plateau des Studios Leavesden de la Warner, a été copié sur une illustration qui figure dans le Theatrum Chemicum Britannicum d’Elias Ashmole, la première compilation de textes alchimiques en anglais parue en 1652. Je crois que le décorateur y a ajouté au-dessous la fameuse devise de Poudlard « Draco dormiens numquam titillandus ».

 

2 commentaires à propos de “Motif # 142”

  1. Sympa, cette petite chronique ! C’est la première fois que je te le dis, mais j’aime bien tes « motifs », joliment complémentaires de tes chroniques.

    À bientôt, Benjamin ! 🙂

    PS : il faut que je me décide à revoir les quatre premiers Harry Potter…

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