Les aventuriers de l’Arche perdue

Steven Spielberg, 1981 (États-Unis)

Comment résister à la rédaction de deux ou trois lignes sur ce tout premier épisode d’Indiana Jones, inspirées par une énième vision du film lors d’une énième diffusion télé ? Une excursion sous climat équatorial, une silhouette chapeautée, le visage d’Harrison Ford qui n’apparaît qu’après le premier claquement de fouet : la légende d’Indiana Jones naît dès les premières images.

Il est professeur d’archéologie à l’université, spécialiste en occultisme et « pourvoyeur » en antiquités. Il a aussi peur des serpents parce qu’il fallait bien qu’il ait un point faible. L’archéologie des années 1930 n’était pas encore une science prestigieuse et reconnue par tous, ce qu’elle est aujourd’hui n’en doutons pas, et lorsque l’archéologue français Belloq, redoutable concurrent de Jones (ah ! le monde impitoyable des chercheurs !), évoque le caractère primitif (et non préventif) des méthodes d’un sien collègue, évocation appuyée par une hyperbole habilement formulée, à savoir le recours à la dynamite pour récupérer un verre de cristal, nous sommes en mesure de penser que la discipline progressait, bien qu’il manquât encore au Docteur Jones et à ses pairs toute la précaution qui eût assuré aux précieux sites mis à jour et au fragile mobilier découvert une conservation nettement meilleure.

Les aventuriers filent à vive allure durant presque deux heures et qu’importe une traversée à dos de sous-marin à travers la Méditerranée (!), une blessure par balle au bras et quelques autres périlleuses cascades à pied, à cheval, en camion ou en avion. Indiana Jones lutte contre les nazis au Tibet, en Egypte, au nom de l’homme et de son histoire et, bien mieux que tous trésors matériels, il fait l’expérience du divin lorsque l’Arche d’alliance est descellée. La dernière image de ces mystérieux entrepôts et de ces milliers de caisses remplies de secrets ne cessent de nous faire fantasmer. L’humour est partout dans les dialogues et les situations. Le plaisir pris à ces aventures est immense. Enfin, la musique, excellente, est une œuvre à part entière. Indiana Jones ou comment faire de l’archéologie le plus génial des divertissements cinématographiques.

3 commentaires à propos de “Les aventuriers de l’Arche perdue”

  1. Concernant la scène du sous-marin, cela s’explique assez facilement quand on connait la séquence dans sa version longue. Mais elle fut finalement raccourcie au montage. Donc vous avez raison, le rendu final laisse plus que dubitatif. Pour voir de quoi je parle il faut se procurer l’adaptation BD du film par Marvel.

  2. En fait, Disney n’est pour rien dans la production des quatre films de la série mais le monstre aux grandes oreilles en détient les droits depuis qu’il a acheté Lucasfilm fin 2012.

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