Le roi lion

John Favreau, 2019 (États-Unis)

Disons-le d’emblée, Le roi lion (1994), fin de siècle dorée pour les studios Disney, ça n’a jamais été mon truc. Dessins sans intérêt, inventivité à peu près nulle, chansons horripilantes (Elton John à une autre époque que Come down in time ou Goodbye yellow brick road). Bref, rien pour me plaire. De même, le principe du « refaisons-le » en prises de vues réelles, avec CGI, 3D, rotoscopie, coloriage crayons et cartes à gratter, n’est en général pas non plus suffisant pour que je lève le nez. En revanche, le nom de Favreau, sans être un argument décisif, pouvait éventuellement éveiller ma curiosité.

Depuis Iron Man en 2008 et sans en avoir l’air, le bonhomme, qui avait commencé comme comique de scène, n’a de cesse de multiplier les projets lucratifs. Il réalise Iron Man 2 (2010), est producteur exécutif sur plusieurs Marvel dont les Avengers (Joss Whedon, 2012), se voit confier une nouvelle version du Livre de la jungle (2016), fait toujours l’acteur de temps à autre, notamment pour Spider-Man (2017), et lance avec The Chef Show sa propre émission de cuisine sur Netflix. De son côté, Disney en redemande ! En 2019, c’est non seulement Le roi lion que Kathleen Kennedy lui confie, mais également The Mandalorian, une série qui, la même année, a l’ambition inavouée de redonner envie de Star Wars à tous les déçus de Solo et des Derniers Jedi (respectivement sortis en 2018 et 2017).

Qu’est devenu le gros chat entre les pattes de Favreau ? Pas grand chose d’inattendu en fait. L’image réelle donne une idée moderne de ce qu’ont pu être Les aventures de Saturnin pour qui n’aurait jamais entendu les échanges du canard et de ses copains dans la série de l’ORTF. Le récit avance sans surprise sur les traces du précédent monarque. Le chemin initiatique en deux étapes avec ellipse est le même. Les traîtrises du vieux balafré identiques. L’apprentissage du lionceau se fait avec cette même idée du cycle de la vie (chanson introductive, The circle of life). Peut-être prête-t-il un peu plus attention à la biodiversité qui l’entoure, mais cela n’empêche pourtant pas le grand prédateur, même s’il est moins carnassier que par le passé, de faire de quelques larves et insectes son déjeuner quotidien (bestioles qui, elles, d’ailleurs, n’ont droit ni à la parole ni à l’anthropomorphisme ; beh oui puisqu’elles se font bouffer, faudrait pas nous attendrir quand même avant de les voir se faire croquer). Les chansons ne sont pas plus africaines ni meilleures dans le remake (Beyoncé pour remplacer Elton).

Certes, Le roi lion 2019 est un film Disney avec de l’humour et de l’action, plébiscité par le public féminin jeune, entre autres, mais c’est surtout le douzième film le plus rentable de tous les temps. Il détrône sans difficulté son prédécesseur et explose même La reine des neiges (2013) au passage. De quoi proposer des préparations à base de caviar pour toute une saison de The Chef Show. Favreau fait le taf et plutôt bien, mais c’est absolument impersonnel. Au sein des studios, Burton sur ce point, notamment avec son Dumbo sorti la même année 2019, fait réellement figure d’exception. Sinon, peut-être faudra-t-il que l’on se décide un jour à découvrir les origines du lion de Disney en voyant par exemple Léo, roi de la jungle (1997), une des adaptations modernes du manga de maître Tezuka (1951).

Critique Cinetrafic. Film édité par Disney DVD. En DVD, Blu-Ray, Blu-Ray 3D, Blu-Ray 4K UHD, Blu-Ray 4K UHD Steelbook et Édition collector depuis le 22 novembre, ainsi qu’en VOD et EST. Voir la page Facebook de l’éditeur.

3 commentaires à propos de “Le roi lion”

  1. Je me disais bien que ce film me rappelait quelque chose. Tu as su mettre un nom sur mon bug mémorielle : les aventures de Saturnin !
    Comme toi, je me dis que Favreau est un nom suffisamment singulier pour qu’il suscite un soupçon d’intérêt de ma part. Mais ici ni cowboy ni alien et encore moins de chevalier rouge et or. Alors…

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