Le ping

Anne Faisandier, 2012 (France)

AUX TROIS ÂGES DE LA VIE


La documentariste Anne Faisandier place sa caméra dans son club de ping, dans Paris 20ème, et montre les entraînements autant que les motivations de ses membres. Pour un familier de ce sport, ce qui est agréable, c’est de retrouver sur l’écran des ambiances dont on n’a pas toujours conscience quand on joue et qui nous sont particulièrement plaisantes.

Dans le grand gymnase, où il arrive qu’on aille chercher loin les balles, ou à l’occasion dans la petite salle d’entraînement, où il est impossible de défendre avec des balles hautes loin derrière la table, on prête attention au bruit des chaussures qui crissent sur le sol ou au son des balles qui, un peu bizarrement, fait partie des choses qui nous ont manqué après une longue interruption de jeu. On fait également attention aux cris d’encouragement pour prendre un point ou de rage après un coup manqué. Quand le point est perdu, on se dit d’ailleurs comme les joueurs que l’on voit, que la balle n’était pourtant pas trop difficile à atteindre, que le geste pour la renvoyer était plutôt simple, alors on s’emporte après la mécanique d’un corps qui parfois n’en fait qu’à sa tête. Un jeune le dit, il n’est pas forcément très aisé de garder son calme dans ce sport. La tension peut être très forte. D’autres plus âgés le sous-entendent, il s’agit d’un défi que de trouver un équilibre de bien-être, à la table, raquette en main, entre le corps (capricieux ou usé) et l’esprit (soumis aux aléas de la vie).

Anne Faisandier dit en commentaire que, même si cela n’a pas grand chose à voir, le mot « ping-pong » lui fait penser au yin et au yang. La pratique physique, ce n’est pas nouveau, peut relever d’une philosophie. Et le ping comme les autres sports, à tous les âges, à tous les niveaux, c’est aussi un apprentissage : apprendre à jouer, apprendre à être.

Le film débute fort par Marion, face caméra, qui avec son petit texte sur sa rencontre avec le ping nous émeut en même temps qu’elle. Après un détour par l’extérieur (on voit quelques minutes jouer les gens dans les parcs de la ville sur des tables, disons, assez peu conformes), le film se finit par une série de petits matchs amicaux. C’est ludique et sérieux, c’est un plaisir et un effort, c’est un repli sur soi et une ouverture aux autres : le tennis de table c’est parfois un peu plus que ce qu’on croit.

LE PING from anne faisandier on Vimeo.

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