Nouveau protocole, Le

Thomas Vincent, 2008 (France)

Deux avis. D’une critique peu enthousiaste à une critique assassine…

Je ne suis pas un grand amateur de Clovis Cornillac, je dois même avouer qu’il a tendance à m’agacer un peu, peut-être parce qu’on le voit partout ces derniers temps ou bien pour son côté trop consensuel… Bref, c’est clair qu’il ne fait pas partie de mes acteurs préférés, mais pourtant je ne suis pas allé voir ce film pour l’« attendre au tournant », vraiment aucun a priori de ce côté là, bien au contraire : le sujet et la bande-annonce m’ont plutôt convaincu et après les excellents polars français Les liens du sang (Jacques Maillot, 2008) et MR73 (Olivier Marchal, 2008), je me suis dit qu’on doit être dans une bonne période !

Malheureusement, ce nouveau polar reste bien en dessous des deux précités avec un scénario qui se mord la queue et des acteurs finalement peu convaincants.

Pourtant le film commence bien, mettant en parallèle la toute puissante industrie pharmaceutique envoyant tester dans le Tiers-monde des produits encore non commercialisés (on connaît la pratique, bien réelle) et le cas isolé d’un jeune homme ayant lui aussi servi de cobaye. Clovis est plutôt convaincant dans ce rôle de père meurtri par le décès de son fils, mais qui a du mal à laisser éclater sa peine, et, lorsqu’il commence à douter que le médicament que prenait son fils est peut-être à l’origine de son accident de voiture, on se dit qu’on va avoir à faire à une belle intrigue politique et policière.

Mais voilà, mis à part quelques scènes d’action et autres artifices (musique impressionnante à un moment où… il ne se passe rien !), le rythme s’essouffle vite et à l’heure de film on fait le bilan de ce qui s’est passé : bref, la propre enquête de ce père à la recherche de la vérité n’a pas trop avancé et les doutes qui le rongent (est-il influencé par la blessure ouverte de la perte de son fils ? La militante contre le puissant lobbie pharmaceutique n’est-elle finalement pas cinglée ?) subsisteront jusqu’à la fin du film… Là, je n’en dis pas plus.

Le Nouveau Protocole n’est pas un mauvais film tout de même, loin de là, mais mieux vaut attendre son passage télé ou la sortie en dvd que de se ruer dans le premier cinéma venu pour aller le voir !

Selon moi, son principal défaut (idem pour Cornillac qui en fait parfois trop : lorsque par exemple il se transforme en « héros » qui a soif de revanche, prenant l’identité d’un agent de sécurité, après l’avoir ligoté…) réside dans son ambition démesurée de faire un film « qui dénonce » mais avec des moyens trop légers et surtout un scénario bien trop maladroit. Ajoutez à cela un manque de rythme et pas mal d’esbrouffe, l’ensemble est, reconnaissons-le, un peu léger. Pourtant l’intention de faire un film engagé est tout de même louable.

Dans le genre, je vous conseille plutôt le très bon The constant gardener de Fernando Meirelles, 2005, ou l’excellent Revelations (The insider, titre original, de Michael Mann, 2000) avec Russell Crowe et… Al Pacino!

Ludo

En ce dimanche après midi pascal encore très hivernal, me voilà parti pour une petite séance ciné, le choix : Le Nouveau Protocole. Quelle erreur ! Ce film est tout simplement nul ! C’est mal joué et le scénario est nul !

L’histoire : un homme – Raoul Kraft – (Clovis Cornillac) apprend la mort de son fils dans un accident de voiture. Se rendant sur les lieux du drame, une femme qu’il a eu au portable de son fils lui révèle que ce dernier suivait un traitement dans le cadre de tests cliniques et que cet accident n’en est peut-être pas un. Bon début me direz-vous ? Oui, mais voilà c’est à peu près tout ! Après cela il ne se passe pas grand chose malgré l’enchainement de scènes d’action qui essaient de cacher la pauvreté du scénario.

Des scènes d’action risibles (si, si, toute la salle a ri à plusieurs reprises tellement c’est pitoyable) :

– le méchant (Pleynel, le directeur du labo) échappe au gentil (Raoul Kraft) dans la forêt à bord de son 4×4 Mercedes mais à peine a-t-il fait cinq mètres qu’il fonce dans un arbre alors qu’il est limite dans une clairière…

– Raoul Kraft pénètre dans le bureau de Pleynel en pleine heure d’ouverture pour essayer de récupérer des dossiers compromettants ; s’apprêtant à sortir il se dit qu’il serait bon de prendre l’ordinateur portable posé sur le bureau (malin le bougre !). Il franchit la porte, torche un coup de poing à la secrétaire de direction (on sous-estime trop souvent la force physique des secrétaires, surtout de direction), etc, etc…

Je passe sur les courses-poursuites à deux balles avec des flics sortis de nulle part… Ah si, un grand moment encore, lorsqu’ils sèment les flics à pieds en réussissant une correspondance entre deux bus RATP (mieux que le métro) comme il est improbable d’en avoir !

Revenons aux faiblesses évidentes et criantes du scénario :

– Clovis donne à analyser à un illustre inconnu les cachets pris par son fils sans en garder un seul !
– Alors qu’il se doute que son fils ait pu être victime des avatars d’une industrie pharmaceutique toute puissante, il ne fait pas autopsier son corps mais fait procéder à sa crémation (c’est ballot !). Cela dit, plus tard, lorsqu’il découvre les résultats de l’analyse des médocs qui sont en fait un placebo, il dit à voix haute : « putain, mais c’est quoi un placebo » …. ça peut donc coller !

Je passe sur la fin invraisemblable du film qui ressemble à une pâle copie d’un mauvais James Bond. L’ensemble est donc, selon moi, plus qu’un peu léger. A bon entendeur.

Ricky

Une réponse à “Nouveau protocole, Le”

  1. Oui en effet, tout à fait d’accord avec tes commentaires et tes observations (je te rassure : la salle a ri au même moment lorsque je l’ai vu !). On est d’accord sur le fait que ça partait bien, mais qu’après ce début il ne se passe pas grand chose et je pense que ton analyse, plus dure, colle plus à la réalité de film ! Si tout ça vous donne pas envie d’aller le voir, je sais pas ce qu’il vous faut…

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