Scott Derrickson, 2008 (États-Unis)

Comment faire du neuf avec du vieux… Après La guerre des mondes (Steven Spielberg, 2004), voici le remake d’un film de 1951, réalisé à l’époque par Robert Wise. Mais si dans le long métrage avec Tom Cruise les extraterrestres étaient venus envahir la Terre, ici ils sont plutôt venus la sauver… du genre humain. Bon point avec ce scénario écolo dans l’air du temps. La Terre est depuis longtemps observée (d’où les nombreux phénomènes d’ovnis) par une intelligence extraterrestre supérieure. Elle arrive aujourd’hui dans une phase critique, un point de non retour, puisque menacée par l’espèce humaine qui la pille et la pollue de façon inconsidérée pour ses propres besoins, détruisant par là-même petit à petit sa faune et sa flore. Pour les extraterrestres, il est donc grand temps d’agir avec un programme visant à préserver les espèces vivantes dans une sorte d’arche de Noé, mais aussi à anéantir l’Homme.

Les moyens déployés ici sont assez considérables (normal, pour le blockbuster de fin d’année) et le film démarre bien puisqu’on rentre très rapidement dans le vif du sujet. Malheureusement, le rythme retombe ensuite de manière flagrante et le seul intérêt reste alors à s’ébahir devant les effets spéciaux toujours plus spectaculaires, dont la majorité sont de toutes façons déjà visibles dans la bande-annonce. On retrouve le côté très années 1950 du film d’origine avec le robot géant qui accompagne l’extraterrestre Keanu Reeves, mais sans le second degré d’un Mars attacks ! (Tim Burton, 1997), et donc passé les vingt premières minutes, on s’ennuie ferme.

Le Jour où la Terre s’arrêta reste tout de même un bon divertissement. Il demeure cependant bien trop typique d’un cinéma qui se prostitue sans vergogne aux lois de la grande consommation (un peu donc en contradiction, finalement, avec le message originel très écolo !) : effets spéciaux et images de synthèses pour en mettre plein la vue, alimentant les peurs ancestrales liées à la fin du monde ainsi qu’un voyeurisme inhérent aux films catastrophes, une grosse star américaine en haut de l’affiche, une jolie fille et un enfant tout mignon, et de couleur, pour contenter tout le monde… Sans parler de la pub même plus déguisée par laquelle on atteint des sommets de ridicule lorsque le « M » d’une malheureusement trop célèbre marque de restauration rapide se réfléchit dans le pare brise de la voiture des principaux protagonistes… Plan suivant, « Mc Donald’s » écrit en gros durant de nombreuses secondes, avant d’être même citée par un des personnages: « Quoi? C’est dans un Mc Donald’s que vous avez rendez-vous ?! ». La suite ? Une scène entière à l’intérieur du dit fast food… Et une salle entière morte de rire par tant de ridicule. On notera également un gros plan sur un mobile LG et sur une marque de montre, idem avec une pub Coca-Cola… Bref, tout cela manque un peu de finesse. Et, comme un « Mc quelque chose », Le jour où la Terre s’arrêta n’est pas franchement mauvais, pas super bon non plus, ça se laisse manger rapidement… et oublier tout aussi vite (une heure après on a à nouveau faim !). La guerre des mondes était autrement plus convaincant.

Ludo

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Un commentaire so far »

  1.  

    Batman said

    janvier 17 2009 @ 5:08

    Il est clair qu’en voyant la bande annonce, et avec un titre de film comme « LE JOUR OU LA TERRE S’ARRÊTA », on s’attend à un film dans la lignée de La guerre des mondes, mais avec une atmosphère encore plus angoissante. Hélas c’est une grosse déception…

    Dans ce genre de films on observe toujours la même chose, les militaires prennent toujours des décisions radicales (« Et si on faisait tout péter ? »), c’est un peu lourd parfois.

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