Kick-Ass

Matthew Vaughn, 2010 (États-Unis, Royaume-Uni)




Kick-Ass fait partie des films qui, avec Incassable (Shyamalan, 2000) et Hulk (Lee, 2002), transposent avec une grande fidélité l’univers graphique du comic-book sur toile. Avec une séquence entièrement crayonnée (le récit de Big Daddy) et le traitement pop donné à l’ensemble *, Matthew Vaughn intègre totalement l’objet BD dans son film et témoigne de son amour pour le matériau d’origine. Ce qu’il fait encore quand il désigne (?) le magasin de comics comme un lieu central et propice aux rencontres (avec l’idée même de super-héros, avec le futur ennemi, avec la superbe fille…).

Le réalisateur met sur pellicule les épisodes imaginés par Mark Milar (Kick-Ass paraît pour la première fois sur papier en 2008) sans jamais prétendre apporter un fond nouveau puisque les questions posées par Aaron Johnson ont été celles de Tobey Maguire (si la masturbation a toujours lieu dans la chambre de l’ado, elle n’est plus métaphorique ni l’éjaculation arachnéenne). L’humour de Kick-Ass n’est pas non plus une nouveauté car, là encore, Raimi l’a précédé (des débuts de Spider-man en 2002 à la parodie permise dans Spider-man 3, 2007). L’originalité vient surtout de Dave Lizewski qui, en dépit d’une médiocrité toute relative, veut devenir un super-héros… Sans super pouvoir. Sa volonté n’est pas inébranlable et, plusieurs fois écrasé, il ne persévère qu’avec le soutien de deux autres justiciers (Chloe Moretz et Nicolas Cage, proches cette fois par leur dégaine et leur mentalité des Watchmen de Snyder, 2009). Flanqué de deux super modèles, Kick-Ass peut s’affirmer et s’élever (au propre comme au figuré) et le spectateur facilement s’identifier.

La manière avec laquelle Vaughn accroît le plaisir de ce dernier est efficace mais basique (la scène de shoot’em up lorsque Hit Girl vient venger son père et délivrer Kick-Ass) et, en définitive, le premier degré révérencieux dans lequel il retombe peut gêner. Pourtant, en super-héros qui n’a de pouvoir que sa super immaturité, plus fauché et plus lambda, Kick-Ass amuse autant que le Green Hornet de Gondry (2011).





* La partie dessinée rappelle l’animation qui retrace le parcours d’ O-Ren Ishii dans Kill Bill (2003). Par le truchement de Morricone et du western spaghetti, on peut aussi deviner l’intérêt de Vaughn pour Tarantino (Et pour quelques dollars de plus, Leone, 1965). La touche pop, elle, est à ce point étonnante qu’elle emprunte peut-être l’idée d’un tableau à Almodovar (dans les Étreintes brisées, 2009, l’objet d’art trahissant les mauvaises intentions du protagoniste) : ici, deux grandes reproductions des Guns de Warhol ornent le bureau du bad guy.

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