Jumanji : Bienvenue dans la jungle

Jake Kasdan, 2017 (États-Unis)

Course à trois vies à travers la jungle, où les personnages joueurs gaspilleront les deux premières à comprendre la nécessité du collectif pour se tirer de pareille situation. Ça commence avec quatre adolescents collés façon Breakfast Club (Hughes, 1985) et ça enchaîne assez vite avec leurs avatars, quatre personnages de jeu à l’opposé des stéréotypes que les jeunes affichent dans leur vie et c’est bien là la meilleure idée du film.

A eux, ensuite, de se découvrir pour mieux découvrir l’autre et ainsi nouer des liens. Dwayne Johnson, Dr Smolder Bravestone alias le tombeur, prend la place du nerd freluquet. Alors qu’il se faisait faire les devoirs par ce dernier, Kevin Hart devient dans le jeu son fidèle porte-sac « Mouse » Finbar. L’asociale, qui se disqualifie d’elle-même durant les cours d’éducation physique, se change soudain en tueuse sexy, sous le pseudo de Ruby Ultrakick et les traits de Karen Gillan. Et la blonde formatée magazine accrochée au téléphone et aux futilités, c’est le professeur Sheldon Oberon, bedonnant et peu endurant, mais cartographe émérite, l’impayable Jack Black. Les quatre acteurs sont l’atout majeur du film, jouant parfaitement la carte de l’humour, chacun dans son propre registre.

En 1995, Jumanji était un jeu de plateau. En 2017, c’est un jeu vidéo avec immersion totale. Bon, ça s’arrête à peu près là côté nouveautés. Du coup, le décorum est assez familier, les grandes foulées dans les forêts humides et chaudes en compagnie de monstres en tout genre, on a déjà vu ça ailleurs : Bienvenue dans la jungle (avec le même Dwayne Johnson en 2003, qui s’en souvient ?), ou Rampage un peu plus récemment (avec le même Dwayne Johnson en 2018), Jurassic World (2015 et d’autres après), je ne fais même pas allusion à King Kong (avec Jack Black en 2005) ou aux ancêtres mythiques que sont Kong en 1933 ou Zaroff en 1934. Mais ici, acteurs, dialogues et situations justifient la reprise de la trame et de la verdure. De plus, croisé à l’univers des consoles et des joysticks, de Tron à Ready player one, le Jumanji de Kasdan fait office de chaînon manquant dans ces aventures virtuelles. Le film garde également des traces des archéologues du passé (du meilleur, le professeur Jones, au pire, Tomb raider). Jumanji réédité profite donc d’un généreux brassage. Le divertissement fonctionne bien, c’est efficace et entraînant : alors Next level ?

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*