Je suis un cyborg

Park Chan-wook, 2007 (Corée du Sud)

Le générique sonde une mécanique horlogère ; celle du film nous a paru tourner à vide. Young-goon (Lim Soo-Jung) se prend pour un cyborg et rejoint les doux heureux d’un hôpital psychiatrique bleu clair, la couleur du ciel dans lequel tous planent, y compris le réalisateur. Il est aisément compréhensible que Park Chan-wook ait souhaité souffler un peu après avoir achevé sa trilogie punitive (Sympathy for Mr. Vengeance, 2003, Old boy, 2004, et Lady vengeance, 2005), mais la fable qu’il choisit pour retrouver ses esprits ne laisse pas le nôtre dans un état réflexif intense… Ses mouvements de caméra pour la première fois nous agacent (en particulier lorsqu’il tourne autour du groupe de discussion installé au milieu d’une armature ovoïdale à l’allure de prison) comme les gesticulations et les simagrées des patients dérangés. Complètement investie dans son rôle de robot, Young-goon refuse de s’alimenter et préfère sucer des piles ou parler aux néons. Seul l’amour d’Il-soon, une sorte de super-héros lapin pongiste (Jung Ji-Hoon, vu dans Speed racer des Wachowski en 2008) parvient à la sauver. Toute l’habileté du cinéaste n’a pas disparu cependant et il ajoute quelques très beaux plans à sa collection. De même, un bref moment nous tire de notre léthargie : Il-soon et Young-goon dans les sous-sols de l’hôpital en train de bricoler un convertisseur de nourriture en énergie et Il-soon dessinant dans le dos de la jeune fille le boîtier où insérer l’engin réparateur. Disons que Je suis un cyborg aura laisser le temps à Park Chan-wook pour réfléchir au suivant, Thirst (2009), plus sanglant, plus torturé, bien meilleur.

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