Le hobbit : la désolation de Smaug

Peter Jackson, 2013 (États-Unis, Nouvelle-Zélande)

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POURQUOI L’OR NE FOND PAS ?


Smaug est un dragon qui règne sur un tas d’or dans les entrailles du Mont Solitaire. Thorïn Oakenshield est un nain, fils de Thraïn, descendant de Durïn et héritier du Royaume sous la Montagne, celle-là même qu’habite Smaug au grand dam du peuple nain. Bilbo Baggins est un hobbit enrôlé dans la compagnie de Thorïn pour subtiliser au dragon la plus précieuse des pierres, l’Arkenstone, joyau qui permettra au fils de Thraïn de revendiquer les terres du Mont Solitaire et de l’Erebor, royaume prospère de jadis, c’est-à-dire avant que Smaug ne sème sa désolation.

Exceptées les acrobaties de quelques tonneaux en liberté doublées de très amusantes prouesses elfiques, la partie centrale du Hobbit paraît tout de même avoir moins de souffle que la première partie, Un voyage inattendu (2012), peut-être parce que l’on attendait davantage de la visite chez Beorn (passée assez rapidement) ou de la traversée de Mirkwood. Peut-être aussi (surtout ?) en raison pour la première fois d’une absence de thème musical vraiment prenant. Tant pis. Cette suite possède toutefois un second moment fort… Et de taille : il s’agit bien sûr de la rencontre avec Smaug, créature dont on n’avait vu jusqu’à présent que l’ombre et la flamme.

Cependant, une question essentielle nous taraude. Elle a traversé l’esprit de tous, n’en doutons pas, et doit être posée : tout l’or sur lequel et dans lequel le dragon sommeille ne doit-il pas fondre lorsque l’animal se réveille et exprime sa colère par des brasiers qui par ailleurs sont capables de tout dévaster ? Or, quand Smaug cherche à brûler les nains et le hobbit de ses flammes, l’immense trésor en grande partie constitué de pièces de monnaie et d’objets en or (« or travaillé et or brut ») ne semble même pas chauffer. Pourquoi ? On ne peut décemment penser que Smaug, « the Chiefest and Greatest of Calamities », ne soit pas capable d’émettre un feu moins puissant que celui de la plus simple des forges médiévales ou moins pénétrant que celui d’un four mal fermé. On ne parle pas d’une allumette sur un penny. D’ailleurs, le dragon contrarié nous rassure quelque peu sur la température de son haleine car, quand il gonfle son poitrail, il devient lui-même, du ventre à la gorge, tout incandescent. Qu’il s’agisse des écailles du gigantesque saurien (auquel le mithril est comparé pour sa résistance) ou bien des « gemmes et des parcelles d’or » incrustés dans sa peau, la chaleur dégagée par son souffle est donc bien capable de rougir la matière. Alors pourquoi l’or ne fond-il pas ? D’autant que la salle si grande fut-elle devrait, comme dans un fourneau, faciliter l’augmentation de la température (1000° environ pour le point de fusion de l’or, ce qui pour un dragon ne devrait pas impressionner). En outre, chacun des pas fait par le dragon sur ses trésors devrait aussi faire l’effet d’un marteau gigantesque sur les métaux précieux, et chacun sait que l’or est très malléable… Alors pourquoi l’or amoncelé, par fusion ou par martelage, ne bouge-t-il pas si Smaug est bel et bien un dragon brûlant et pesant ? Est-il seulement aussi puissant qu’on nous le dit ? Moins riche que Bill Gates ? Plus mauvais que le roi Joffrey de Game of thrones ou Walter White de Breaking bad ? Pourquoi l’or ne fond pas ? Ou… Finalement, pourquoi le film ne prend pas (complètement) ?

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3 Replies to “Le hobbit : la désolation de Smaug”

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