Peter Berg, 2008 (États-Unis)

Moi qui était plutôt réfractaire aux films de super-héros, et bien après le très bon Iron Man, en attendant L’incroyable Hulk et surtout The dark knight), voici une excellente parenthèse avec ce super-héros atypique, déjanté, hors normes, etc. Et chose unique : Hancock est un nouveau super-héros puisque depuis des années les films du genre reprennent les super-héros légendaires de la Marvel créés il y a bien longtemps. Non, Hancock est bien de la génération Msn et YouTube !
L’histoire est simple mais bien trouvée : Hancock (Will Smith) est un personnage solitaire, quasiment un clodo, alcoolique, misanthrope et la plupart du temps causant bien plus de dégâts que ne réparant d’injustices. Et, à la longue, sa mauvaise réputation n’a cessé de croître, faisant de lui le super-héros le plus impopulaire de tous les temps, jusqu’à ce que… Un publicitaire, une sorte de « loser du marketing », ne s’intéresse à son cas après que ce dernier ne lui ait sauvé la vie. Il décide de redorer son image auprès du public et de le faire changer de fond en comble. La tâche est de taille…
Au lieu, comme tous les films du genre, de nous narrer les origines du personnage, le ton est donné d’entrée : ce « super-loser » existe et, en fait, c’est vrai qu’au départ on se fout un peu de savoir d’où il vient, c’est plutôt ce qui lui arrive et ce qu’il provoque qui nous intéresse le plus ! Néanmoins, on découvrira plus tard son histoire, bien loin d’être inintéressante et appelant même probablement une suite.
Hancock est vraiment un film très drôle, hilarant parfois ! Un brin politiquement incorrect avec ses blagues et son langage bien vulgaire (franchement la vost s’impose !) et on rit franchement tout le long du film… Ou presque. Car contre toute attente, et c’est là aussi une des forces de ce film, Hancock arrive à émouvoir sans non plus en faire trop. La fin est vraiment loin d’être marrante et c’est assez (d)étonnant avec le ton du reste du film, mais très réussi.
Un excellent divertissement, loin d’être abrutissant, que je vous conseille vivement !
Ludo




Ornelune said
juillet 9 2008 @ 7:55
Ca sent la reprise d’un thème bien connu des super-héros, celui du dénigrement et de l’exclusion pour cause de différence (dont l’exemple le plus probant paraît être celui les X-Men). Prendre le contre-pied pour le caractère du personnage est bien vu et s’inscrit dans une suite logique : après avoir montré des individus plein de moralité et d’intégrité (tous les Superman, Spider-man 1 et 2 de Sam Raimi), puis des personnages en proie au doute et en prise avec leur côté sombre (Batman de Nolan mais également de Burton, Spider-man 3 de Raimi, Hulk d’Ang Lee et certainement le prochain), voici le super-héros qui se fout de tout. De plus, qu’il soit noir (n’est-ce pas là la véritable nouveauté pour le grand écran ?) n’est peut-être pas innocent… Je regretterais que le film ignore ces thèmes.
Ornelune said
juillet 17 2008 @ 13:27
Finalement, pas de thème réellement évoqué dans Hancock (« l’exclusion pour cause de différence » n’apparaît pas ici, si ce n’est, mais c’est là très peu, à travers l’évocation par deux fois de Frankenstein, le film de Whale sorti en 1931).
Hancock se résume à une bonne idée (celle de faire d’un homme doté de super pouvoirs un clochard, un ivrogne, un marginal détesté de tous), à part deux trois sketches amusants (exception faite de celui dans lequel, en prison, Hancock règle leur compte à deux gros bras ; ce n’est plus tout à fait mon humour…) et à un rebondissement qui permet à Charlize Theron de ne pas simplement faire acte de présence.
Il est dommage que la bonne idée ne tienne pas toute la longueur du film puisque un commercial utopiste transforme le super-loser en un grand gentil tout propret… Nous aurions préféré que Hancock s’assume jusqu’au bout en super-big Lebowski (Joel Coen, 1998).
Le film reste divertissant sans plus (là encore nous sommes dans la catégorie des poids légers, façon Les 4 fantastiques de Tim Story et Iron Man de John Favreau).
Batman said
juillet 22 2008 @ 1:00
Hancock est un film divertissant qui change de d’habitude. Quand on entend « super-héros », on pense tout de suite à un gentil qui empêche les vilains d’arriver à leurs fins. Ce film nous montre assez bien que les hommes ne sont pas parfaits ; Le héros a le droit aussi d’avoir ses défauts !
Ornelune said
juillet 22 2008 @ 7:25
Le problème est bien là : Hancock n’a pas le droit d’avoir ses défauts puisque les personnages font en sorte qu’il n’en ait plus. Hancock perd sa personnalité à la fin du film et c’est très dommage.
myoxus said
juillet 22 2008 @ 12:22
Hancock, c’est vraiment dommage, cela aurait pu être tellement mieux, l’idée de base était bonne, pas totalement innovante (certains comics papier traitent de ce genre de thème), mais bonne… et notre Prince de Bel Air est plutôt crédible. Noir ou pas, c’est avant tout un acteur crédible.
Je suis au courant des multiples lectures que l’on peut faire d’un film, en particulier quand des super pouvoirs sont dans le coup, voire même des collants moulants ou du cuir seyant, mais là… on enfonce des portes ouvertes, on effleure et surtout on creuse rien.
Ah oui on s’est fait plaisir, on a fait des séquences de vols, des trous dans les murs, on a mis sur orbite un jeune petit con français, on a mis une tête dans le cul et on a engendré le méchant absolu… Pfff.
L’idée du pubeu redresseur d’image m’a bien plu, c’est dans l’air du temps, mais comme le reste c’est un peu light.
Pour C. Theron, c’est une surprise, mais c’est tout ! On effleure les thèmes de l’immortalité, de l’amour, du sacrifice et rien, elle ne semble pas réellement affectée par les choses (même pas par les coups de rouleau à pâtisserie…). Ah on me dit dans mon oreillette que c’est normal qu’elle ne sente pas les coups.
Non je rigole, j’avais compris.