Godzilla 2 : roi des monstres

Michael Dougherty, 2019 (États-Unis)

Après le malthusianiste Thanos dans Avengers : infinity war (2018), cette fois le monde est ébranlé par les agissements sournois d’un groupe d’écolos hyper-extrémistes qui s’est mis en tête de réveiller deux trois monstres histoire de rééquilibrer les forces en présence. Face au camp « nature sauvage », une ligue américano-asiatique : Watanabe vieillissant et sacrifié, Zhang Ziyi comme un appât à Chinois, et les minorités habituelles, « Ramirez » ou « Barnes », un latino par ci et un black par là. Scientifique, sénatrice et colo… -nelle (?), on notera que les femmes sont aux postes clé. Ces sauveurs, attachés aux valeurs familiales, incarnent également l’ordre, l’armée et le progrès. Et d’après eux, forcément, toutes les solutions résident dans la technologie : le gros bouton pour calmer les monstres. Malheureusement, ça change de point de vue tout le temps : on pense qu’on va faire le film avec le regard de l’enfant (Millie Brown), et non, on passe à d’autres, puis on revient un peu à l’enfant qu’on avait oublié, et on change à nouveau de point de vue… Et du côté des monstres ? Et bien on hésite, s’agit-il de représenter le danger du nucléaire ? Non, plus tout à fait. Le bien-être animal ? Un peu (on pense alors à Jurassic World : fallen kingdom de Bayona, 2018, qui était plus ou moins porteur d’un discours semblable). La catastrophe environnementale ? Davantage, et tant pis s’il y a quelque contradiction avec le reste. Godzilla peut seul dominer toutes ces bêtes hors catégories et par conséquent, après avoir incarné le danger absolu de l’ère atomique, le voilà redevenu une arme sous contrôle à posséder (retour à une Guerre Froide ?)… L’Apocalypse est annoncée (un dragon et une croix géante dans un ciel rougeoyant), mais ce n’est pas si grave. Dans ce délire où les humains fourmillent parce que quelques pattes cognent et terrassent leur territoire, on ne croit pas tout à fait aux enjeux. Problème d’échelle et d’incarnation : ce qui est un raté habituel pour ce genre de films, les monstres et les poses sont soignés mais les personnages ne nous intéressent jamais. Par contre, ce qui est bien, c’est que pendant les combats de monstres, on a le temps de méditer sur les énormités des dialogues et des situations.

2 commentaires à propos de “Godzilla 2 : roi des monstres”

  1. Je pencherais plutôt pour une grosse analogie avec le réchauffement climatique, qui vient pour punir l’humanité de son « vilain » capitalisme et de ses émissions de Co2 trop abondantes. Il y a parfois quelque chose de très dogmatique dans l’écologie actuelle qui perçoit le monde en « bien » et en « mal » une thématique extrêmement judéo-chrétienne. Les menaces de fin du monde et d’effondrement sont le mantra des médias, de la politique et des artistes ces temps-ci. Pour les « collapsologues » de tout poil , l’effondrement des sociétés humaines est perçu comme un espèce de salut libérateur du capitalisme, une apocalypse signe d’un renouveau ou l’homme va enfin expier ces péchés. Après tout, on ne cesse de nous répéter depuis notre naissance que nous sommes le « cancer » de cette planète. Nous finirons tous dans un grand feu purificateur aux dires de certains. A mon avis la thématique du film et les analogies sont bien plus à creuser de ce côté. On pourrait même pousser l’analogie plus loin en disant que c’est le nucléaire qui sauve l’humanité (Godzilla) puisqu’il n’émet pas de Co2…

  2. Ce film est d’une laideur assez rare dans le genre, la photographie est également beaucoup trop sombre, jusqu’à cette sensation de toujours être hors champs… La symbolique et les thématiques sont intéressantes mais loin d’être suffisants.

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