Espion(s)

Nicolas Saada, 2009 (France)

Sorti seulement quelques semaines après Secret Défense, ce nouveau film d’espionnage « made in France » s’inscrit dans la droite lignée de ce dernier, avec ses qualités et ses défauts. La comparaison est donc inévitable… D’une manière générale, Espion(s) m’a paru bien supérieur.

A la place de la DGSE, on a ici affaire à la DST et au lieu de recruter une inconnue, comme dans le film de Philippe Haim, c’est ici un novice du monde secret de l’espionnage (joué par Guillaume Canet) qui est abordé. La mission confiée reste identique : enquêter sur un probable attentat à l’explosif mené par un groupuscule terroriste islamique, qui doit avoir lieu à Londres (alors que c’était Paris qui était visé avec un gaz mortel dans Secret Défense). Au milieu de tout ça, un jeu de séduction, voire une histoire d’amour (commune aux deux films). Bref, énormément de similitudes, quasiment le même sujet, mais tourné de façon différente.

Les plus :
Espion(s) démarre dans le vif du sujet et accroche dès le départ : Vincent et Gérard travaillent comme bagagistes à Roissy. Dans la zone de sécurité, juste avant l’embarquement, ils ont pris pour habitude de piquer dans les bagages un peu tout ce qui leur tombe sous la main : bijoux, portables… Mais Gérard a la mauvaise idée d’ouvrir une valise diplomatique. A l’intérieur, il y trouve un flacon de parfum qu’il vaporise sur sa main : il est instantanément pris de brûlures, lâche le flacon qui explose à ses pieds. Le malheureux est brûlé très grièvement et décède dans les heures qui suivent. Vincent (Guillaume Canet), licencié sur le champ, est rapidement contacté par la DST qui lui propose un marché afin de ne pas aller en prison : se rendre à Londres pour obtenir des renseignements sur la provenance de cette valise diplomatique.
Un bon casting. La performance de Guillaume Canet, qui n’a pas non plus décroché le rôle de l’année, focalise toutes les attentions et tire le film vers le haut. C’est d’ailleurs le cas de la plupart des acteurs/ices. Géraldine Pailhas et Hippolyte Girardot ont un jeu très convaincant, de même la grande Hiam Abbas qui fait une apparition remarquée (vue récemment dans l’excellent The visitor, Thomas McCarthy, 2008).

Les moins :
Les incohérences liées à ce genre de scénario : pourquoi recruter un parfait inconnu alors qu’il existe de véritables agents secrets pour mener ce genre d’enquête ?! Sans ça, il n’y a plus de film, d’accord, mais quand même !
Le côté prévisible de l’histoire : pour arriver à approcher un douteux homme d’affaires, Vincent doit séduire son épouse… On sait d’entrée qu’il va forcément tomber amoureux d’elle, alors qu’il ne doit pas !
Et enfin, un côté un peu frileux : il y a pas mal d’occasions de faire monter le suspens, mais elles ne sont jamais saisies. Exemple : la femme de l’homme d’affaires en question doit insérer une clé USB dans l’ordinateur de son mari pour y copier des informations compromettantes. Alors qu’elle se trouve devant l’ordinateur de son bureau (déjà là, comme c’est souvent le cas, elle n’a pas le mot de passe mais, maline, essaye son prénom : bingo, du premier coup elle trouve, magique ! Du jamais vu…), on aperçoit l’associé patibulaire (mais presque, comme dirait Coluche) de son mari qui risque de la surprendre. On est tendu et on se dit que ça va être juste, alors que la barre de progression d’enregistrement des données sur la clé approche des 100%… Mais non, elle a amplement le temps de sortir et de le saluer quand elle le voit. Pourquoi ne pas être allé jusqu’au bout du suspens, c’est un peu le but du film, non ?

Malgré ces défauts (on aurait aussi aimé un peu plus de punch ici ou là), Espion(s) reste pas si mal. Sa sobriété n’empêche pas une certaine efficacité dans le divertissement et le film mérite d’être vu… Pas forcément au cinéma.

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