En pleine tempête (The perfect storm)

Wolfgang Petersen, 1999 (États-Unis)

Après, avoir fait tanguer Le bateau entre les obus (1982) et avant d’envoyer une seconde fois le Poséidon par le fond (2005), Wolfgang Petersen réalise En pleine tempête, déclinaison maritime des catastrophes fin de siècle (Twister, Jan de Bont, 1996, Volcano, Jackson, 1997, Deep impact, Leder, 1998…). Entre 1991 et 2001, à Hollywood, le mal n’est plus l’apanage des soviétiques et les scénaristes ne versent pas encore dans la paranoïa d’une attaque terroriste. C’est donc la nature qui reprend ses droits, peut-être aidée par les velléités écologiques du moment (Rio 1992, Kyoto 1997), conjuguées aux peurs feintes de la fin du millénaire. Ainsi, le terre recrache son feu (Le pic de Dante, Donaldson, 1997), la mer recrache ses monstres (Godzilla, Emmerich, 1998), les astéroïdes tombent (Armaggedon, Bay, 1998), les navettes explosent (Appolo 13, Howard, 1995) et les bateaux coulent (Titanic, Cameron, 1998).

La bande de pêcheurs à l’espadon (la première partie du film) offre une diversité soignée de ses membres. Le capitaine est bourru et n’envisage de ne faire l’amour qu’à la mer (dommage pour Mary Elizabeth Mastrantonio qui, depuis tout ce temps, semble n’avoir survécu à Abyss que pour mieux prendre un râteau avec Clooney ; selon la pub de la star, « hey, what did you expect ? », ah… C’est pas la bonne pub ?). Le jeune second, lui, a sa belle qui attend au port (Mark Wahlberg). Un père divorcé et fatigué (John C. Reilly) et une tête brûlée (William Fichtner), tous deux gros bras qui se disputent comme chien et chat mais qui dans le fond s’aiment bien quand même, ainsi que deux matelots complètent l’équipage.

L’histoire vraie des six marins de Gloucester engloutis dans la tempête dite de Halloween 1991 n’était pas suffisante pour en faire un film, c’est pourquoi deux autres histoires viennent télescoper le bateau de pêche, celle des plaisanciers et celle des secouristes, tous pris dans les flots à boire la tasse. Il manquait encore quelque chose et les scénaristes ont donc fait monter un requin géant à bord, histoire de niaquer un peu la jambe d’un malheureux. Ils meurent tous à la fin sans qu’aucune des grandes valeurs américaines n’y puissent rien : pas un héros pour les sauver, des familles et des amis impuissants devant leur écran télé, simplement des photos et des bougies pour leur mémoire.

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