La colère des Titans

Jonathan Liebesman, 2012 (États-Unis)




Bien que le récit ne provienne pas directement des Antiques, ces colériques Titans s’en tirent mieux que lors du terrible Choc de 2010. Liebesman n’est pas plus maladroit que Leterrier et beaucoup de ce qui faisait la médiocrité de la rénovation du Choc de D. Davis (1981) a été retiré. Une fois débarrassé du djinn en plastique (le moins crédible des personnages sortis d’un péplum ?), des horribles scintillements de costumes sur l’Olympe, des mauvaises blagues et d’autres effets inutiles, Liebesman se concentre sur un scénario qui, par ses paysages volcaniques, ses champs de batailles et ses assauts désespérés, n’est pas sans rappeler Le retour du roi (Peter Jackson, 2003).

Dans ces aventures, hommes et demi-dieux ne chassent plus le Kraken comme jadis mais se préparent au retour de Cronos. Persée (Sam Worthington), le héros sur lequel repose le récit, est en vérité un petit condensé de héros grecs : il a terrassé Méduse et le monstre marin à qui Andromède était sacrifiée, il est aussi Bellérophon luttant contre la chimère et Ulysse traqué par le cyclope. L’action est donc bien sûr privilégiée mais l’on retiendra parmi toutes les séquences celle du Tartare, au cœur duquel se trouve un labyrinthe mouvant sur plusieurs niveaux, véritable cauchemar à aventuriers.

Cela reste un film de deuxième catégorie et La colère des Titans comporte aussi son lot de bêtises et de maladresses : dès la première minute, une pierre tombale à la mémoire de Io (Gemma Arterton ressuscitée in extremis dans le premier épisode) et sur laquelle on lit « To my beloved wife » (!), plus loin Héphaïstos moins laid qu’il ne devrait être ou encore le fils de Poséidon trop cool pour jouer dans un péplum… Faisons fi de ces détails et demandons-nous plutôt s’il y aura une rage par-delà La colère des Titans ou peut-être un bouillonnement qui permettra bientôt à Persée d’accomplir ses douze travaux.

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