Le choc des Titans

Louis Leterrier, 2010 (États-Unis)




Quand Hollywood manque d’imagination, rien ne vaut un bon remake pour relancer la machine. Le choc des Titans version 2010 reprend ainsi Le choc des Titans sorti en 1981 réalisé par Desmond Davis et qui avait connu un certain succès à l’époque. Cette fois-ci, c’est Louis Leterrier, réalisateur français émigré à Los Angeles qui a été chargé de ce nouvel opus (L’incroyable Hulk, 2008).

Petit rappel sur l’histoire : un héros grec, Persée (Sam Worthington), est chargé d’une mission désespérée pour sauver la ville d’Argos et ses habitants du terrible monstre marin, le Kraken, envoyé par les dieux pour soumettre les hommes qui s’étaient rebellés contre leur autorité. Il a également le désir de se venger du dieu des Enfers Hadès qui a massacré sa famille.

L’objectif du réalisateur était de faire un film divertissant avec des scènes d’action à couper le souffle. Le film a bénéficié du privilège de sortir en 3D dans les salles équipées (la décision est sans doute venue suite au succès d’Avatar de James Cameron, 2009). Le moins que l’on puisse dire, c’est que la déception est grande. On fermera les yeux sur les changements apportés par rapport au mythe originel, c’était déjà le cas dans l’ancienne version. Les scènes d’actions ne sont guère intéressantes et les effets visuels désastreux ne sont pas adaptés à la 3D (sauf peut-être Méduse, assez bien réussie). Le reste est raté et donne le tournis.

Quant aux personnages, ils n’apportent ni profondeur ni émotion. Les seconds rôles sont parfois ridicules (je n’ai rien contre le chroniqueur télé Mouloud Achour mais là, on atteint des sommets). Et on se demande ce que Ralf Fiennes et Liam Neeson (vraiment kitsch dans son armure brillante) viennent faire dans cette galère. Bref, à éviter.

3 commentaires à propos de “Le choc des Titans”

  1. Enorme déception. Malgré ses défauts, la première version reste bien au-dessus tant dans la réalisation que dans le scénario, qui d’ailleurs n’est pas si éloigné du récit mythologique original… Bien sûr, elle était datée (effets spéciaux vieillissants, acteurs au look très fin 70’s, introduction d’une chouette robot, pâle copie de R2D2…) mais au moins, il y avait une trame qui tenait la route. Ici, elle tient plus du mauvais jeu vidéo : les héros semblent échappés de Fast and furious et éprouvent à peine des sentiments humains, alors que justement ils sont censés revendiquer leur humanité face aux dieux implacables… Tout bonnement ridicule.
    Quant à la 3D, elle est très mal employée en dehors d’une scène à la fin où Persée vole sur Pégase à travers les tentacules du monstre marin : un tel film enlève du crédit à un procédé qui me semblait restituer au cinéma sa dimension spectaculaire. Et rappelons que l’intérêt du cinéma pour les péplums repose là-dessus depuis La tunique, premier film en cinémascope (en 1953).
    Bref, un film qui montre que le cinéma n’en a pas fini avec certains de ses vieux démons…

  2. Une intro très empruntée au style narratif du Seigneur des anneaux de Peter Jackson (avec la voix off), mais de belles images tout de même. Ensuite, je suis d’accord avec le côté involontairement très Monty Python nanardisant ! Ok, c’est loin d’être une réussite, mais je l’ai quand même visionné avec un certain plaisir -superficiel- pour certaines scènes. Et Mouloud Achour quel acteur !!!

  3. Un tel film avec autant d’acteurs « renommés », c’est étonnant.

    Le film tend vers le nanard, vous avez raison, mais peut-être pas autant que je l’aurai cru (ce n’est pas non plus le Conan de Nispel). La musique signée Ramin Djawadi (Pacific Rim, 2013) est assez nulle, par moment inspirée par Zimmer, sans grande complication mélodique, c’est le moins que l’on puisse dire. Certaines séquences sont ratées à cause des effets spéciaux et de la conception des décors (l’Olympe ressemble au Pic du Midi). D’autres à cause des acteurs ou des personnages (la créature en plastique gris qui accompagne les Grecs aux Enfers). Hadès, lui, n’est pas si mal…

    En tant que faiseur, Leterrier avait fait ses premières armes chez Besson (Le transporteur et Danny the dog étaient produits et distribués par EuropaCorp). Aujourd’hui, il est toujours dans le blockbuster sans âme mais ses productions sont plus coûteuses. Je ne sais pas si la suite, La colère des Titans de Liebesman (2012), a connu du succès…

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