Che : guerilla

Steven Soderbergh, 2009 (Etats-Unis, Espagne)

Après Che : l’Argentin, première partie plutôt réussie qui racontait l’arrivée de Che Guevara à Cuba jusqu’à la prise du pouvoir de Fidel Castro en 1959, on attendait avec impatience la suite de l’histoire. Elle nous entraîne quelques années plus tard, en 1965 : le Che a disparu de la scène politique à Cuba et s’en est allé en Bolivie où il prend la tête de la guérilla. Il tente là-bas de réaliser une nouvelle fois l’exploit de Cuba. Pourtant, dès le début, les choses tournent mal et la répression de l’armée bolivienne est impitoyable.

Cette deuxième partie raconte la fin de la vie de Che Guevara dans sa tentative ratée de soulever le peuple bolivien. Soderbergh s’attache surtout à montrer pourquoi cette guérilla, qui avait fait merveille à Cuba quelques années plus tôt, est un grand échec (dénonciations, absence de soutien de la population locale, meilleur entraînement des troupes gouvernementales à la contre-guérilla). Tout au long de l’histoire, la caméra suit les protagonistes dans une ambiance moite et lourde. On partage les épreuves terribles de ces combattants de la jungle (maladies, bombardements, faim) et l’on ressent peu à peu l’étau qui se resserre sur eux.

Au regard des deux films, on peut dire que Soderbergh raconte davantage l’histoire d’une guérilla, de ses échecs et de ses succès, que celle du Che. Des parties entières de sa vie sont passées sous silence (son rôle dans la vie politique cubaine entre 1959 et 1964 par exemple). Certains reprocheront sans doute la longueur excessive du métrage, mais l’interprétation exceptionnelle de Benicio del Toro, la capacité de Soderbergh à varier ses images, à aborder cette histoire sous des angles différents (caméra suggestive, images d’archives…), à montrer avec réalisme les combats dans la jungle font de ce film, globalement, une réussite.

2 commentaires à propos de “Che : guerilla”

  1. C’est clair que le diptyque de Soderbergh sur le Che est impressionnant et restera comme une référence, à coup sûr. Néanmoins, même si Benicio Del Toro est toujours aussi convaincant et que le film conserve toute sa crédibilité, j’ai largement préféré la 1ère partie et ce pour plusieurs raisons.

    D’abord, on a un peu l’impression de revoir le même film repartir depuis le début (puisque c’est ce qui se passe : le Che repart à zéro dans un autre pays former de nouvelles milices), un sentiment donc de déjà-vu. Le (très) bon effet de surprise du premier film est amoindri. Ensuite, beaucoup de longueurs : quasiment du début à la fin, le film se passe uniquement dans la forêt, le maquis ou la jungle… Un peu linéaire ! Et enfin, les « fausses-vraies » ou « vraies-fausses » images d’archives qui venaient ponctuer le récit du premier ont totalement disparu et le rythme s’en trouve amplement ralenti.

    Cette deuxième partie est globalement réussie, c’est une évidence, mais pour toutes ces raisons elle ne m’a pas paru indispensable. A la rigueur, à la fin du premier, quelques lignes sur l’écran indiquant « Fidel Castro prendra le pouvoir en telle année, tandis que Che Guevara repartira en Bolivie, etc. Et mourra exécuté le… » m’aurait suffit.

  2. Le prochain Soderbergh a l’air fou : Cléopâtre, le remake du film de Mankiewicz, version comédie musicale en 3D ! Avec Catherine Zeta-Jones pour le rôle-titre , pourquoi pas, et Hugh Jackman en Marc-Antoine ! Ca changera de la moiteur bolivienne…

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