Une réponse à “Broken flowers”

  1. Dans les mains d’une autre production, au service d’un autre casting, l’argument de Broken flowers (un type retrouve les femmes qu’il a connu 20 plus tôt et qui auraient pu lui cacher le fils qu’il croit (craint ?) soudain avoir) serait sans doute l’occasion d’une comédie sentimentale rythmée, riche d’une galerie de portraits croquignolets, à l’anglaise, ou bien d’un petit thriller initiatique enfonçant les portes béantes.
    Or, Jarmush, à qui on ne saurait la faire, opte lui pour un traitement tout proche du travail du Brautigan du Privé à Babylone : le biais cool dépressif. Incarnation depuis Sofia Cop’ de ce cool dépressif, Bill Murray, tout en survêt’, fait un sans faute (hormis donc une sensation de déjà vu), tout comme les actrices l’entourant avec une chaleur étrange ou une froideur particulière (Delpy, Stone, Conroy, Lange et les autres… jusqu’à la petite Lolita !). Vibrante errance, philosophiquement pas si étrangère au Straight story de Lynch (le road movie « inutile » et neurasthénique), évocation en creux, vision d’une Amérique douce-amèrement paumée, qui se cherche (les réussites professionnelles y sont vaines ou risibles (la brochette d’alter-créatrices new-ageuses ! L’apprenti-Sherlock black !), plus que farouche interrogation de la paternité…
    …en évitant bien des écueils, le Jim Jar’ fait, une fois encore, mouche.

    Avis dans son contexte et flanqué de ses commentaires, ici.

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