Andy et Larry Wachowski, 1996 (Etats-Unis)

Comme pas mal de soirs je tourne un moment à zieuter mes dvd pour savoir lequel sera l’élu qui saura me divertir, voire me passionner… Je suis souvent tenté de me refaire un bon vieux De Niro que j’ai déjà vu et revu mais parfois, comme ce soir, je décide finalement de choisir un dvd encore tout neuf et emballé (certains le sont encore plus d’un an après leur achat…). J’avoue regarder certains films en deux ou trois fois car la fatigue a souvent raison de moi… Mais pas cette fois ! Bon, au lieu de raconter ma vie, voici ce qui m’amène : Bound, un excellent polar qui m’a tenu éveillé, et en haleine, du début à la fin et m’a donc motivé à écrire ces quelques lignes.

Bound des frères Wachowski a été réalisé avant la trilogie Matrix (1999-2003) et a obtenu le prix du jury au festival de Deauville en 1996. Le scénario est subtilement ficelé pour un polar tourné en huis-clos qui se passe entre deux appartements. Le film pourrait facilement être adapté en pièce de théâtre. En voici l’histoire : Caesar est un truand spécialisé dans le blanchiment d’argent pour la Mafia. Sa séduisante petite-amie, ou plutôt maitresse, Violet, croise le regard dans l’ascenseur de Corky, une ancienne cambrioleuse qui sort de cinq ans de prison dont un des membres de la mafia lui a trouvé comme job de rénover un de ses appartements (celui voisin à celui occupé par Caesar et Violet). Violet, attirée par elle, fait tout pour la séduire, ce qui donnera lieu à quelques scènes particulièrement torrides ! Mais, exaspérée par Caesar et sa bande de malfrats, sous ses airs faussement ingénue, elle a plus d’un tour dans son sac et décide de doubler celui qui l’entretient : lors d’un règlement de compte, Caesar récupère plus de deux millions de dollars dont les billets sont tâchés de sang (quelle idée d’exploser la tête de quelqu’un juste à côté…). Il est donc chargé de nettoyer les billets, de les remettre en état, avant que le grand boss ne vienne les récupérer. Violet propose donc à Corky de s’emparer de cette somme bien rondelette : ça tombe bien, cette dernière a un plan tout à fait ingénieux… Mais qui malheureusement (et heureusement pour le spectateur) ne se déroule pas tout à fait comme prévu. Forcément.

L’histoire va donc connaître de multiples rebondissements avant le dénouement final grâce à un scénario béton et une réalisation ingénieuse, subtilement teintée d’humour (noir, bien sûr !) et influencée directement par les grands films noirs. Tourné avec un beau jeu d’ombres et de lumières, des décors sobres et dépouillés, et le tout dans seulement quelques pièces, ce film excelle dans les ambiances et le suspense grâce aussi à de remarquables acteurs : l’éblouissante Jennifer Tilly (nominée aux oscars pour ce rôle) toute droite sortie d’un polar des années 1930 ou 40 (elle tournera d’ailleurs dans Parrain malgré lui de Mark Malone en 1998, un autre film ayant trait à la mafia) mais aussi le furieux et bien dérangé Joe Pantoliano (que j’ai reconnu de suite car il a joué dans ma série préférée : Les Soprano ! Il apparaît aussi aux côtés de De Niro -oui, encore lui- en 1988 dans Midnight Run de Martin Brest, également dans Parrain malgré lui, et plus récemment dans Matrix, Memento de Christopher Nolan en 2000 ou encore Daredevil de Mark Steven Johnson en 2003).

Un petit bijou d’intrigue et de suspense à découvrir de toute urgence si vous ne le connaissez pas, bien loin du très prétentieux Matrix !

Ludo

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