28 jours plus tard

Danny Boyle, 2003 (Royaume-Uni)

Avant Slumdog millionaire (2009), Danny Boyle s’était attaqué au cinéma fantastique, notamment avec 28 jours plus tard qui retrace l’histoire d’un jeune homme, Jim, émergeant brusquement d’un coma profond. L’hôpital dans lequel il se trouve est vide. Il découvre avec effroi que c’est toute la ville, Londres en l’occurrence, qui est désertée et que ses rues sont hantées par des individus atteints d’une rage mortelle transmissible par morsure. Un long combat pour la survie s’engage pour notre héros et les rares survivants rencontrés. Ils vont tout faire pour fuir cet enfer.
28 jours plus tard démarre très fort avec la vision d’un Londres vidé de ses habitants. Les plus cinéphiles d’entre nous remarqueront toutefois que Danny Boyle s’est peut-être inspiré du Monde, la chair et le diable de Ronald Macdougall (1959) dans lequel, là aussi, des survivants évoluent dans une ville morte (New York après une guerre atomique). Danny Boyle tourne également une scène quasi prophétique, Jim (Cillian Murphy) en train de lire des panneaux sur lesquels des photos et des avis de recherche de personnes disparues sont accrochés, puisque c’est le type d’images qui a circulé dans les médias après le 11 septembre 2001. Le film est sorti en 2003 sur les écrans français mais il a été produit avant le drame new-yorkais. Les « contaminés », comme ils sont appellés dans le film, n’ont rien à voir avec les zombies de George Romero (Zombie en 1983 ou Diary of the dead en 2008). Ils sont très rapides, dotés d’une force surhumaine et sont surtout bien plus effrayants avec leur yeux injectés de sang.

Malheureusement, après une première partie saisissante et haletante, Danny Boyle donne ensuite l’impression de ne plus savoir vraiment où aller. La deuxième partie traîne un peu en longueur et la fin est carrément invraisemblable. Malgré tout, des points positifs sont encore à souligner : la réflexion sur les hommes qui, face à une catastrophe de grande ampleur, vont devoir s’entraider ou régresser vers l’animalité nous intéresse et la bande originale, une musique rock lancinante, est très réussie.

En bref, on ressort de ces 28 jours avec un sentiment mitigé. Danny Boyle n’a pas véritablement atteint son objectif s’il s’agissait de renouveler le genre. Il manque vraiment ce petit quelque chose pour en faire un chef-d’œuvre. Le film reste à découvrir.

4 commentaires à propos de “28 jours plus tard”

  1. Bien vu de parler de ce film en ce moment où l’on parle beaucoup de Danny Boyle, ça montre aussi sa capacité à faire des films très différents. J’avais bien aimé 28 jours plus tard à sa sortie et je me suis récemment procuré 28 semaines plus tard mais ne l’ai pas encore vu. Je ne manquerai pas d’écrire quelques lignes lorsque ce sera le cas ! En moins bien, mais à voir tout de même (ce n’est pas un film d’horreur… Quoique !), Blindness de Fernando Meirelles, sorti l’an passé, avec Julianne Moore ou l’on retrouve des scènes de ville abandonnée.

  2. Je rejoins Jean-Philippe Tessé qui écrit dans les Cahiers du cinéma en mai 2003 (n° 579) :

    « … le film se perd avec délectation dans une complaisance souvent infecte. L’épouvante, selon Boyle, se doit d’être laide et inconséquente. »

    Les défauts de ce film se répètent dans Slumdog millionaire (sens des images négligés, complaisance devant l’horreur réelle ou fantastique…).

    A 28 jours plus tard, je préfère le clip All nightmare long sorti en juillet 2008 par Metallica, véritable petit court métrage de 9 minutes environ au scénario à la fois original et amusant mêlant aire soviétique et histoire de morts vivants et visuellement (plus ?) intéressant.

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