Young guns

Christopher Cain, 1988 (États-Unis)

Young guns étonne par la lâcheté des crimes commis et la séduction de marginaux un peu vite élevés au rang de justiciers. Le Kid (Emilio Estevez) et la bande qu’il entraîne, une fois l’homme de raison abattu (Charlie Sheen), flinguent à tout va. Ils refroidissent leurs adversaires sans se préoccuper de leur éventuelle traduction en justice, à la manière de Mattie dans True grit (Coen, 2010), pour eux l’impulsion remplaçant la réflexion. En parfait adolescent, Billy est mal à l’aise avec les cadres et s’amuse plus ou moins volontairement à transgresser les règles. Si l’on pense au public touché par le film, c’est également le sens que l’on donne à la consommation d’une drogue préparée par l’Indien du groupe (Lou Diamond Phillips). Ces voyous étoilés sont des gamins, ce que soulignent encore leurs relations avec les femmes : amour maternel (Casey Siemaszko) ou amour mièvre (Kiefer Sutherland bouquet en pogne, toutes flammes dehors). Face à eux, Jack Palance fait subir ses châtiments en laissant retentir un rire sardonique…

Le rock colle aux basques du Kid puisque déjà en 1973 Peckinpah confiait les accompagnements de son Patt Garrett et Billy le Kid à Dylan. Dans Young guns, une guitare électrique et un clavier perdus en plein ouest (qui rappellent vaguement Top gun de Scott, 1985) provoquent un décalage gênant. Pour la suite en 1991 (Young guns II de Murphy), la bande originale mieux produite propose au moins de vraies compositions.

Loin des Magnificent seven (Sturges, 1961), Young guns est malheureusement un western sans éclat. La trame est à peine plus épaisse que celle sur laquelle repose le concours de Mort ou vif (Raimi, 1994). La violence se perd dans la multiplication des fusillades et dans un lyrisme maladroit (les derniers ralentis lors de l’ultime assaut). Enfin, l’exécutant Cain rajeunit davantage le public potentiel que le mythe.


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