Un homme et son chien

Francis Huster, 2009 (France)

Un homme et son chien (à ne pas confondre avec le film portant le même titre d’Annette Rapon sorti en 1999) a déjà fait couler beaucoup d’encre… Mais a visiblement réalisé bien peu d’entrées. Pourtant, le retour de Belmondo sur grand écran (neuf ans après Amazone de Philippe de Broca) aurait pu être un sacré événement…

Un pari relevé par Francis Huster (On a volé Charlie Spencer !, 1986) et qui nous laisse un goût étrange. Évidemment, tout tourne autour de celui qu’on appelait autrefois « Bebel », il est le pilier central du drame. Mais, à la différence des autres acteurs, Jean-Paul Belmondo ne donne pas l’impression de jouer : il vit tout simplement sous le regard de la caméra (qui cadre souvent les visages en très gros plan) et sous nos yeux curieux… En effet, il se dégage parfois un étrange sentiment de voyeurisme, lorsqu’on se surprend à le dévisager, à parcourir les rivières de ses rides et à scruter sa gueule en parchemin. On se dit aussi, avec une sorte de malaise, qu’il s’agit d’un de ces tout derniers films… En tout cas, dans ce long métrage sa présence et son charisme imposent le respect : il est là et n’a pas besoin de parler (ses dialogues sont réduits au strict minimum) pour exprimer une détresse intense, la solitude et la souffrance, la tragédie qu’est la vieillesse et de l’abandon… Mais également l’amour et une infinie tendresse.

Par ce remake de Umberto D. (Vittorio De Sica, 1952), Huster entend rendre hommage à l’acteur légendaire et les nombreuses personnalités qui interviennent ne s’y sont pas trompées (Max Von Sydow, Jean-Marc Thibault, Micheline Presle, Pierre Mondy, Françoise Fabian, Daniel Prévost, Bruno Lochet, José Garcia, Nicole Calfan, Michèle Bernier, Patrick Bosso, Jean Dujardin…). A ses côtés, Leila (la jeune Hafsia Herzi) semble la seule à véritablement s’intéresser à lui. Malgré de bonnes intentions, elle fait assez pâle figure à côté de Belmondo. Pourtant, c’est aussi le contraste entre ce vieil homme résigné qui porte aujourd’hui plus d’amour à son chien qu’envers ses semblables, et la fraîcheur de cette jeune fille qui donnent lieu à de belles scènes.

Ludovic

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