Un cœur simple

Marion Laine, 2008 (France)




Premier long métrage pour Marion Laine et déjà une réussite avec cette adaptation de Flaubert sobre et épurée qui fait la part belle au jeu subtil de deux grandes actrices : Sandrine Bonnaire, particulièrement touchante, et Marina Foïs dans (enfin) un beau rôle dramatique. L’ambiance est particulièrement austère, pesante, et l’ image, malgré les éclairages à la bougie, aussi sombre que le film.

Félicité (Sandrine Bonnaire) est une jeune femme effacée, dévouée, soumise et en apparence un peu simple (des similitudes que l’on peut aussi établir avec sa propre vie, comme on a pu le voir dans le beau documentaire sur sa sœur, Elle s’appelle Sabine, sorti en 2008). Avec beaucoup d’innocence, elle ne cessera d’aimer sans retenue mais sera soit trahie, soit cet amour inconditionnel lui sera interdit ou bien encore la vie le lui reprendra. Mathilde (Marina Foïs), chez qui elle travaille, est une femme froide, dure et autoritaire qui a énormément de mal à montrer ses sentiments, les réprime et refuse de voir cette joie chez les autres, et en particulier chez ses enfants qui reçoivent une éducation sévère. Les relations avec Félicité sont donc parfois houleuses même si un amour mutuel, quoique difficile, s’établit malgré tout. C’est justement dans ces relations que Marion Laine réussit le mieux son film, grâce à ces actrices, en parvenant à retranscrire de façon très juste leur complexité (dominant/dominé, amour/haine).

Le film est assez lent dans sa construction, mais l’important est le climat instauré, la psychologie développée et ce douloureux ressenti entre les personnages. Très émouvant, le film marque encore longtemps après l’avoir vu.

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