Le sauvage

Jean-Paul Rappeneau, 1975 (France)




Ça commence au milieu des Italiens avant le mariage. Leur trop plein d’enthousiasme donne vite le tournis et Catherine Deneuve, la future mariée, fuit. Elle est en plein Caracas, sans connaître personne, poursuivit par le mari et par un ex à qui elle a volé un Lautrec pas tout à fait waterproof. Montand, ancien parfumeur de renom, a fui lui aussi. Il a quitté l’industrie du parfum, sa compagne et New York pour devenir maraîcher sur une petite île vénézuelienne. A Caracas, il croise Deneuve qui l’embarque dans sa course délirante : il ne s’en défait pas, voit son navire couler, sa maison brûler, son mode de vie et son isolement ruiner.

On retrouve un peu de L’homme de Rio (1964) dans Le sauvage : l’Amérique latine, la course effrénée, la folie joyeuse. Rappeneau qui a signé tous ses films (aidé ici par Jean-Loup Dabadie [1]) avait aussi signé le scénario du film de de Broca. Mais Le sauvage s’essouffle plus vite et marque des pauses plus longues que L’homme de Rio : Deneuve (que l’on compare ici à Belmondo car c’est surtout elle qui court) est ralentie par l’insulaire hirsute attaché à son train de vie et à sa tranquillité.

Montand n’était pas le premier envisagé pour le rôle (Delon et Belmondo l’ont refusé). Bien que son jeu ne soit pas convaincant dans toutes les scènes, il amuse plusieurs fois : par ses mimiques qui trahiraient parfois un de Funès caché en lui, par une expression de renard provençal cherchant à piéger la chatte qui vient de lui voler son poisson, ou encore par sa transformation en crooner d’occasion pour un dîner aux chandelles. Catherine Deneuve, elle, joue magnifiquement une garce volubile et superbe [2].

Rappeneau fait appel à Remy Julienne pour les cascades et Michel Legrand pour la musique (orchestrations enlevées et lyriques à souhait) et Le sauvage fait toujours référence quand il s’agit de mettre en scène une aventure exotique entre un vieux baroudeur et une jolie casse-pied qui se détestent avant de s’aimer [3].




[1] Un éléphant, ça trompe énormément (Yves Robert, 1976), Vincent, François, Paul et les autres (Claude Sautet, 1974).
[2] Après Le sauvage, Montand et Deneuve se retrouvent dans Le choix des armes de Corneau, 1981.
[3] A la poursuite du diamant vert (Robert Zemekis, 1984), 6 jours 7 nuits (Ivan Reitman, 1998)…

Une réponse à “Le sauvage”

  1. Bonsoir, c’est une excellente comédie que j’ai vu quand elle est sortie et que j’ai revu récemment avec un grand plaisir. Le couple Montand / Deneuve fonctionne bien. Dommage qu’ils n’aient pas refait un film ensemble. Les années 70 et 80 ont produit de très bonnes comédies françaises. Bonne soirée.

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