Paranormal activity

Oren Peli, 2009 (États-Unis)




Le voilà le fameux film d’angoisse et de terreur qui va nous empêcher de dormir, celui qui est présenté comme « le film le plus flippant de ces dix dernières années » ! Avec une bande-annonce choc (où l’on voit les réactions des spectateurs apeurés dans la salle de cinéma), mais déjà-vue, Paranormal activity est donc le gros « buzz » (que je déteste ce mot) de ces dernières semaines de l’année 2009… Alors, peur ou pas peur ?!

Katie et Micah (respectivement Katie Featherston et Micah Sloat) est un couple d’Américains tout ce qu’il y a de plus banal, vivant à San Diego. A la particularité près que Katie est persuadée d’être suivie depuis son enfance par une entité mystérieuse, une présence démoniaque. Des manifestations la poursuivent, peu importe où elle habite, et ont récemment repris. Micah, légèrement sceptique, décide donc d’acheter un caméscope dernier cri pour filmer la maison de jour comme de nuit afin de voir s’il se passe réellement quelque chose. Paranormal activity est donc le montage de 86 minutes d’images filmées entre les mois de septembre à octobre 2006.

Paranormal activity fait ainsi partie de ces films tournés façon caméra amateur, un procédé initié en 1981 avec le film culte Cannibal holocaust de Ruggero Deodato, mais surtout rendu célèbre grâce au Projet Blair witch (Daniel Myrick, Eduardo Sanchez, 1999), suivi par [Rec] (Paco Plaza, Jaume Balagueró, 2007) et, côté science-fiction ou film catastrophe, [intlink id= »cloverfield » type= »post »]Cloverfield[/intlink] (Matt Reeves, 2008). A y regarder de plus près, il n’y a pas tant de films de ce genre ; pourtant l’effet de surprise est maintenant très amoindri. Peu importe le budget (ici à peine 15000 dollars, un record !), le principal reste les bonnes idées et le rendu à l’écran qui doit être plus vrai que nature. Ici le scénario revisite donc le genre « maison hantée » et, par le biais du vrai-faux film amateur, joue sans plus d’originalité sur nos angoisses nocturnes.

Malheureusement, cette idée mise à part… Paranormal activity se révèle être d’une incommensurable platitude : rien ou presque ne se passe. Peur ? Franchement pas ! On sursaute de temps à autres, mais seulement à cause d’une porte qui claque (tiens, c’est nouveau…). En définitive, le spectateur a davantage peur d’avoir peur que de se qui se passe à l’écran. Car à l’écran, ce n’est que du vide. Je m’explique : pendant une bonne partie du film, Micah règle sa caméra, fait son installation, filme en rigolant sa copine dans la salle de bains, etc. Puis arrivent les images nocturnes de ces nuits agitées. D’abord de simples bruits. Une autre nuit, la porte a bougé (suspense !). Encore une autre nuit, le « démon » a laissé des traces de pas ! En fait la plupart des événements « marquants » se déroulent hors champ : on entend et on ne voit rien. Et ainsi de suite jusqu’à la fin (ridicule au demeurant). On attend avec impatience que tout s’accélère pour enfin plonger la salle dans le chaos et l’horreur, comme dans [Rec], mais rien. L’écran reste noir et tout le monde retient son souffle : on s’attend à un dernier rebondissement avant le générique… Mais en fait non, fausse joie. A l’image du film dans son intégralité, il n’y a rien !

« Alors ce n’était que ça le film dont on a fait tout un tapage ?! ». On sort de la salle avec l’impression de s’être bien fait berner par le bouche à oreilles. Pourtant, les producteurs, eux, ont réussi leur coup au vu du nombre record de recettes engrangées ! Enfin, puisque l’action (ou l’inaction) se déroule aux États-Unis, on est au moins sûr de ne pas avoir de remake !

2 commentaires à propos de “Paranormal activity”

  1. Carrément d’accord. Mais je suis totalement fanatique du concept de la bande-annonce et c’est d’ailleurs pour ça que je suis allé voir le film. Peur d’avoir peur. Il a innové sur ce point-là, malgré l’absence de contenu, l’absence de tout, dans son film.

    Pour l’anecdote j’ai d’ailleurs eu plus peur pour une sonnette d’entrée de porte anodine que pour les effets terrifiants voulus.

  2. Je ne suis pas du tout d’accord avec vous. J’ai passé 2 nuits sans dormir (la 2ème un peu quand même) après avoir vu ce film.

    « On entend et on ne voit rien » : mais sacré bon sang c’est bien pour ça que j’ai eu une trouille pas possible. La boîte à broder s’est mise en route!
    Ceci dit j’ai vu ce film tout seul chez moi. En salle je ne sais pas ce que ça aurait donné.

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