Numéro 9

Shane Acker, 2009 (Etats-Unis)

Ces derniers temps, toujours de plus en plus de films d’animation (3D ou pâte à modeler) sont à l’affiche, et il y en a vraiment pour tous les goûts. Citons pêle-mêle le dernier (et très réussi) Pixar, Là-haut, Monstres contre aliens, Volt star malgré lui, le troisième volet de L’âge de glace, Tempête de boulettes géantes, le plus décalé et sublime Mary & Max, 3 amis mènent l’enquête dans un registre plus enfantin, 4, 5, 6… Mélie pain d’épice (regroupant quatre courts métrages d’animation pour les plus jeunes), Coraline, Astroboy, etc. Oui, il y a vraiment du choix pour ceux qui ont gardé leur âme d’enfant ! Celui d’aujourd’hui ne s’adresse d’ailleurs pas forcément aux plus jeunes, tant son univers est chaotique et particulièrement sombre. Pourtant, tout de même, ses personnages sont « mignons », ici des poupées de chiffon animées.

L’action se déroule dans le futur, sur une Terre complètement ravagée par une guerre opposant les hommes et les machines qui se sont retournées contre leurs créateurs. Au milieu de ce chaos ambiant, un scientifique a fabriqué à partir d’objets de récupération neuf petites créatures à qui il a donné vie, minuscules et impuissantes face aux féroces machines. Mais le dernier né, une sorte de Pinocchio, détient en lui la clé et l’espoir de l’humanité pour renverser le monde des machines. Il devra alors convaincre ses semblables de sortir de leurs refuges, de leurs peurs et oser s’aventurer dans le domaine bien inquiétant des machines…

Numéro 9 est visuellement exceptionnel, le travail d’animation, de colorisation, le rendu des textures, est tout simplement époustouflant. Le ton assez sombre (les ambiances sont parfois «  tim-burtonnesques », ce dernier étant d’ailleurs le producteur du métrage) est bienvenu et l’univers cataclysmique, très détaillé, qui tranche avec le contexte habituel, est plutôt original. Une ambiance unique, de l’émotion aussi, mais…

Une grande linéarité dans le scénario qui semble calqué sur un simple jeu vidéo : le héros avance et doit faire face à de nombreuses difficultés, sa quête est ponctuée de boss à tuer avant d’atteindre le niveau suivant. Vraiment dommage que l’histoire ne porte pas mieux cet univers visuel pourtant très réussi : une fois qu’on en a pris plein la vue, on s’ennuie ferme car l’action est très, mais alors très, répétitive (les poursuites effrénées s’enchaînent avec les scènes de combat qui s’enchaînent avec de nouvelles poursuites et ainsi de suite jusqu’au dénouement final). Oui, un vrai gâchis compte tenu des très bonnes idées croisées, notamment les références appuyées à la Shoah et aux camps de concentration (ces grandes usines dont la fumée s’échappe de longues cheminées). Le potentiel était énorme.

Ludo

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