Sergei Bodrov, 2008 (Kazakhstan, Russie, Mongolie, Allemagne)

Mongol est une grande fresque historique, amplement romancée, qui retrace l’enfance, l’adolescence et l’ascension de Témoudjin au rang de Khan… Celui qui deviendra le très redouté Genghis Khan. Il ne faut donc pas s’attendre à un grand film de batailles, même si celles-ci sont spectaculaires, mais plutôt à l’aspect psychologique du personnage : son éducation, sa vie sentimentale, son idéal et sa marche inexorable vers les plus hautes sphères du pouvoir. C’est d’ailleurs là où la bande-annonce, très efficace au demeurant, est trompeuse : on n’y voit en effet quasiment que des images de combats épiques… Là où, sur plus de deux heures, ces scènes n’occupent en fait que dix minutes environ dans le film ! Certes, je ne suis pas allé voir ce film uniquement dans le but d’admirer des armées immenses s’affronter (il y a déjà 300 de Zack Snyder, sorti en 2007, qui pour cela rempli bien son rôle de « boucherie esthétique » !), mais le décalage qui existe entre la bande-annonce et le film est plutôt surprenant.

Mongol commence assez lentement, et on se dit alors que la suite va changer de rythme une fois le décor et les personnages plantés… Mais en fait non, le film prend le temps de montrer l’évolution de Témoudjin, son combat intérieur et son éthique personnelle, et s’arrête en fait là où la légende commence, puisque le nom de Genghis Khan n’est cité qu’avant le générique final. Mongol n’est donc définitivement pas un film prétexte à batailles. Par contre, ce qui serait formidable, c’est d’avoir une suite : Mongol en tant que genèse de Genghis Khan et un second film retraçant ses campagnes et conquêtes de territoire, à la manière d’Alexandre (Oliver Stone, 2005).

Sinon, le film est servi par des acteurs remarquables (le Japonais Tadanobu Asano, qui tient le rôle principal, fait parfois penser au personnage de Kagemusha, l’ombre du guerrier d’Akira Kurosawa, 1980) et très crédibles, des paysages de steppes immenses aux horizons infinis absolument magnifiques et des décors (la reproduction d’un temple mongol par exemple) somptueux. Il faut dire que la production, conséquente, était constituée d’environ 600 personnes et pas moins de 1000 figurants, avec également des scènes à cheval très réussies.

Là où le bât blesse, c’est que le film parfois s’essouffle et le déroulement de l’action est gêné par de grandes longueurs… Pour peu qu’on n’accroche pas vraiment, l’ennui guette et c’est bien dommage car comme je l’ai dit précédemment la réalisation et les acteurs sont impeccables.

Mon avis reste donc partagé entre ce rythme très lent auquel je ne m’attendais pas, et qui parfois a un effet un peu soporifique, et l’ampleur à la fois épique et sentimentale (si, si !) des aventures de ce personnage atypique en quête d’idéal et d’humanité. Je le reverrai avec plaisir en dvd je pense.

Ludo

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