Mission : impossible 2

John Woo, 2000 (États-Unis)

Vue plongeante dans le Grand Canyon où Ethan, mèche rebelle écartée, s’applique à trouver sans filet une voie sur une parois verticale. Propriétaire de la franchise, Tom Cruise consume ce héros façonné dans les années 1980 (Top gun) et, devant la concurrence, finit avec ses autres personnages par tourner en rond (Night and day de Mangold, 2010). Hormis le court passage suspendu dans le désert d’Arizona, John Woo plante matériel et équipe en Australie, à Sydney, que l’on est sûr d’identifier par des plans répétés de la baie (Harbour Bridge et opéra). Plusieurs images se distinguent dans la réalisation : une valse de bolides sur route serpentine (Cruise et l’inexistante Thandie Newton qu’une ambiance latine ne valorise pas), les sempiternelles colombes sur fond de flammes avec héros glorieux et ralenti. Histoire de vol de virus et d’antidote, Bellérophon et la chimère lient plutôt Cruise à son double maléfique, Sean Ambrose (Dougray Scott). Les deux hommes ont été collègues et par l’échange de leurs identités participent à un jeu de dupes (recyclage des masques utilisés dans Mission : impossible de De Palma, 1996). Un fondu enchaîné sur leurs visages appuie l’idée du double (Volte-face, 1997). Les vingt dernières minutes concentrent toute la substance du film côté action : course à moto et cascade sur plage terminent l’ensemble à la fois de façon brute (confirmé par la bo réalisée par Limp Bizkit et Metallica) et aérienne (beauté des mouvements circulaires dans les combats).

3 commentaires à propos de “Mission : impossible 2”

  1. Année après année, la surenchère est telle dans le montage, les scènes d’actions, les moyens envisagés, que découvrir aujourd’hui Mission : impossible doit décevoir ceux qui n’attendent que spectacle. De même que Speed (Jan de Bont, 1994) n’a peut-être plus guère d’intérêt aujourd’hui.

    Maintenant tu l’as peut-être vu au cinéma il y a dix ans et t’avait-il déjà déçu…

    De mon côté, je ne comprends toujours pas l’engouement que suscite la version de Brian de Palmas (1996). Et M:I:III (2005) qui emprunte beaucoup à la réalisation de séries (J.J. Abrams !) est au-dessus des autres (sites et paysages inédits dans un film d’action, énergie folle, liberté prise avec les attentes scénaristiques pour un tel film…).

  2. J’avais été assez fan lors de sa sortie à l’époque. Aujourd’hui, je manque rarement un passage de ce film à la télé, mais tout en ricanant devant les largesses que prend Woo avec le matériau d’origine.
    Complètement too much et invraisemblable, mais décomplexé et fun.

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