Gavin O’Connor, 2008 (Etats-Unis)

Hasard ou pas : Le prix de la loyauté semble en effet calqué sur l’excellent polar de James Gray La nuit nous appartient sorti il y a tout juste un an. Les similitudes sont grandes, mais ce n’est pourtant pas un remake… D’où cette étrange impression de déjà-vu. La comparaison m’a sauté aux yeux, elle ne m’a toutefois pas non plus empêché d’aimer la réalisation de Gavin O’Connor. Voici l’histoire, vous allez mieux comprendre : nous sommes à nouveau plongés au cœur d’une famille policière, les Tierney, dans laquelle on est policier de père en fils. Mais voilà, un gros grain de sable enraye les rouages de ce clan et Ray (Edward Norton) doit choisir entre se laisser écraser par le poids du silence du système familial et policier ou bien prendre le risque de faire son métier de manière impartiale et devoir par là-même dénoncer la corruption et l’implication d’autres flics dans une bien sombre histoire. L’affaire éclate lorsque quatre policiers se font descendre dans une affaire de drogue et l’enquête révèle de nombreuses incohérences. Il semble en effet que les trafiquants aient été prévenus de la descente des flics qui se sont ainsi retrouvés piégés. Qui les a renseignés et a donc eu intérêt à protéger les trafiquants ? Ray mène l’enquête malgré les embûches et les tabous policiers, surtout lorsqu’il commence à s’apercevoir que certains de ses plus proches amis pourraient être impliqués…
Même si je trouve Le prix de la loyauté en dessous du polar de James Gray, pour en terminer avec cette comparaison, c’est tout de même encore un sacré film de genre, rondement mené, comme seuls les Américains ont le secret. Avec deux poids lourds du cinéma Outre-Atlantique, Edward Norton et Colin Farrell, aussi fantastiques l’un que l’autre et un Jon Voight magistral. Ce polar à la réalisation carrée et rythmée est à voir absolument. L’image est superbe, dans des tons gris bleu clair, le ton est dur et grave et, malgré des scènes d’une grande violence (loin d’être grand public ce long métrage est réservé aux amateurs du genre), l’action ne prend jamais le pas sur la psychologie des protagonistes, leurs travers et leurs contradictions. L’atmosphère est lourde, pesante et le ton se veut très réaliste.
Bref, ce n’est certes pas un chef-d’œuvre, mais un polar gros calibre rondement mené : à l’heure des bilans de 2008, il est à classer parmi les meilleures sorties aux côtés de Au bout de la nuit de David Ayer (dans un style très similaire) ou encore La loi et l’ordre de Jon Avnet.
Ludo