Anne Fontaine, 2008 (France)

Le résumé de l’histoire proposé sur Allociné me semble absolument parfait… Il n’y a vraiment rien à changer, tout est dit. Voilà qui pose bien le décor et surtout les trois personnages centraux de cette tragi-comédie tout à fait séduisante.
Je ne suis pourtant pas un grand amateur de Luchini. Il finit toujours par devenir exaspérant : au cinéma, il ne fait ni plus ni moins que du Luchini pur et dur et semble irrémédiablement voué à ne jamais changer de registre… Mais j’aimerais pouvoir un jour être contredit avec un rôle qui semble pour lui totalement contre nature : plus effacé, moins exubérant… Dans les émissions de télévision, il fait office d’invité parfait car on va lui demander forcément de chanter ou de crier son admiration pour Céline ou Johnny Hallyday… S’il ne le fait pas « spontanément »… Bref, un show attendu et calculé où ses délires d’intellectuel déjanté sont au mieux fatiguants au pire pathétiques : ce qui était drôle au début est aujourd’hui devenu agaçant. Je pense sincèrement que là où il est dans son élément, c’est bien sûr les planches d’un théâtre où tout tourne vraiment autour de lui.
Je l’avais pourtant bien aimé dans Paris (Cédric Klapisch, 2008), mais c’est surtout parce que j’avais adoré le film. Ici, point de surprise, Luchini joue à nouveau un rôle de Luchini : un avocat qui intellectualise tout, un affolé des neurones avec qui on doit passer des soirées prise de tête, qui un jour est complètement déstabilisé par une blonde (dans tous les sens du terme, même si je n’ai absolument rien contre les blondes !) jouée par Louise Bourgoin. Elle arrive facilement à lui faire perdre la tête en le tenant par le sexe au propre comme au figuré. Bref, lui incarne un personnage angoissé, d’un certain âge maintenant, à la renommée confirmée dans son domaine professionnel qui tombe amoureux d’une petite jeune : oui, c’est bien le même rôle que dans Paris ! Du Luchini je vous disais.
Mais si on est pas fan, on ne peut pas dire qu’on n’était pas prévenu puisque l’acteur prend vraiment toute la place, y compris dans la bande-annonce. Mais ce Luchini-là est tout de même attachant dans son désarroi face à cette grande blonde décérébrée et dans sa complicité naissante avec son garde du corps (excellente prestation, bien plus effacée forcément, de Roschdy Zem), ancien amant de « la fille de Monaco »… Il ne fait pas forcément son « one man show » habituel, si ce n’est quelques répliques ici ou là et dans son phrasé si typique. C’est plutôt dans les relations entre ces trois personnes que réside l’intérêt premier du film.
Le ton est plutôt drôle et faussement léger (d’ailleurs l’affiche ne fait pas forcément penser à une comédie) : il demeure une tension latente en toile de fond qui n’augure pas du meilleur pour le dénouement de cette triangulation explosive… La fin, comme on s’y attend un peu, est d’ailleurs plus tournée sur un ton dramatique, mais malheureusement un peu vite expédiée.
Pas forcément indispensable, mais finalement un bon film.
Ludo