Mona Achache, 2009 (France)

Librement adapté du roman à succès de Muriel Barbery, L’élégance du hérisson, Le hérisson tout court est le premier film de Mona Achache, que j’avais eu plaisir à découvrir en tant qu’actrice dans le très beau film de Costa-Gavras, Eden à l’ouest.

Le hérisson est un huis-clos qui se déroule dans un immeuble où se croisent différents personnages, dont Renée Michel (Josiane Balasko), concierge vieille fille renfermée et morose, Paloma Josse, une jeune fille de onze ans, intelligente, solitaire et suicidaire qui entretient des rapports conflictuels avec sa famille, ainsi que Monsieur Kakuro Ozu, un Japonais veuf et très élégant. Chacun poursuivant son parcours personnel, ceux-ci se rencontrent pourtant. La jeune fille et le vieux monsieur japonais seront les seuls à déceler en la concierge de l’immeuble une beauté et un monde intérieur bien plus riche qu’il n’y paraît. Leurs relations vont apporter un peu de joie et de lumière dans leurs existences troublées.

Le hérisson est un film gentillet, tendre et généreux. Il n’a pas grande prétention si ce n’est celui de passer un agréable moment. La grande réussite vient de la concierge jouée par Josiane Balasko métamorphosée, enlaidie et très touchante. Ceci dit, en raison de son austérité, je crains que Le hérisson ne reste pas longtemps dans les mémoires. Il manque la touche de douce folie que sait si bien insuffler, par exemple, Jean-Pierre Jeunet. Le personnage de la petite fille, parfois un peu agaçante avec ses petites phrases intello grinçantes, est aussi assez mal exploité.

Pour un premier film, adapter un phénomène de librairie (plus de 250 000 exemplaires écoulés depuis sa sortie) était un pari osé. Il s’avère relativement réussi si ce n’est, seul gros bémol, sa trop grande sobriété et donc, comble du paradoxe pour un hérisson, un manque de piquant.

Ludo

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Un commentaire so far »

  1.  

    Ornelune said

    juillet 18 2009 @ 8:06

    N’y aurait-il pas un lien à faire avec Ensemble c’est tout de Berri sorti en 2007 ?

    Comme un miroir grossissant, le cinéma français (voire américain si l’on pense à Dan Brown et Ron Howard) ne révèlerait-il (et non relèverait-il) pas toute la platitude de ces petits romans à gros succès ? Un contre-exemple ?

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