Harcelés (Lakeview terrace)

Neil LaBute, 2008 (États-Unis)

Harcelés

Harcelés, c’est un peu la version cinéma de Sans aucun doute, vous savez, cette émission télé qui avait pour habitude de mettre en avant les querelles de voisinages les plus véhémentes, qui joue sur les peurs des bons Français, leur argent et leur tranquillité dérangée. Et pour rajouter un peu de piment, le réalisateur y introduit un élément important, le racisme entre blancs et noirs… Sauf qu’ici une troisième couleur va se mêler aux deux autres : le bleu. Vite, il est grand temps d’appeler Julien Courbet (je sais, ce n’est plus lui qui présente l’émission, mais il est tellement emblématique de ce programme) !

Abel Turner (Samuel L. Jackson) est policier. Il est veuf depuis trois ans et a bien du mal à faire son deuil, sa femme étant morte dans un accident de la route aux côtés de son patron alors qu’à ce moment-là elle était supposée être à son travail… Et il rumine ça tous les jours depuis ce tragique événement. Abel est un personnage excessif qui tyrannise ses deux enfants, leur imposant des règles de vie très peu permissives. Il s’impose également une discipline drastique et dans le quartier, en tant que flic, il se veut rassurant, faisant même une ronde chaque soir. Lorsque de nouveaux voisins emménagent juste à côté de sa maison, il ne voit pas leur arrivée d’un très bon œil. Déjà, les Mattson forment un couple mixte : Lisa (Kerry Washington) est noire, et son mari, Chris (Patrick Wilson) est blanc. Et puis, dans son regard on voit bien que Lisa ne lui est pas indifférente : lui qui est veuf, une jolie femme de sa « race » dans les bras d’un « blanc bec », c’en est trop ! Ainsi, la jalousie s’ ajoute au racisme. Le décor est planté, le film ira crescendo dans les allusions caractérisées, puis le harcèlement pur et dur de la part de ce voisin très envahissant. Le réalisateur met en parallèle et en concordance le déroulement du récit et la propagation d’un gigantesque incendie. Le feu, comme les attaques sournoises à répétitions du voisin gênant, va grandissant et lèche de ses flammes leur habitation lors du dénouement final.

Harcelés est un thriller bien rythmé, avec de bonnes doses de suspense mais un schéma psychologique relativement simpliste. Il se laisse donc voir, mais sans grand intérêt : tout se devine plus ou moins à l’avance et on imagine trop facilement la suite des événements. En revanche, Samuel L. Jackson est très convaincant en vieux flic réac’ et antisémite, parfois on a vraiment envie de lui donner des claques ! Exactement le type de rôle qu’aurait pu jouer De Niro a une période où on lui proposait les rôles de psychopathe (comme dans Les nerfs à vif de Martin Scorsese en 1992, Blessures secrètes de Michael Caton-Jones en 1994 ou Le fan de Tony Scott en 1996). Même s’il s’agit là d’un film efficace et rondement mené, c’est tout de même du genre « vite vu, vite oublié », donc pas indispensable du tout.

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