Faubourg 36

Christophe Barratier, 2008 (France)

Après avoir « subi » la bande-annonce il y a quelques mois (voir ci-dessous) et, actuellement, l’inévitable tapage médiatique, je me suis néanmoins décidé à aller voir Faubourg 36… Il faut bien l’avouer avec pas mal d’a priori (négatifs) et en l’absence de sortie intéressante cette semaine.

Commençons par les plus :
– Le faubourg et l’ambiance de l’époque sont bien reconstitués, belle image, beaux décors, bien filmé.
– Pierre Richard et Bernard-Pierre Donnadieu sont de loin les plus convaincants.

Les moins :
– Le côté franchouillard, ultra populo, sentimental et dégoulinant de bons sentiments.
– Gérard Jugnot, Kad Merad et Clovis Cornillac pour les raisons évoquées dans la ligne ci-dessus.

– La désagréable sensation du film pensé, calculé, ficelé pour marcher sur la voie des Choristes (du même Baratier, 2004) et de La môme (Olivier Dahan, 2006), avec une bande-originale sur mesure pour ceux qui ont acheté celles des films précités.

– Les clichés innombrables qui jalonnent le film sur « la France d’hier ». Exemple : on voit quelqu’un qui tente de faire marcher un moulin à café. Réaction du spectateur : « Oh tu te souviens, on en avait un comme ça ! ». Puis l’acteur : « y’a pas besoin d’en changer, il a même pas 15 ans ! ». Nouvelle réaction du spectateur : « ah maintenant, ça dure même pas deux ans malgré toute cette technologie ! Y’a pas à dire, c’est plus ce que c’était… ». Et des exemples de ce type (le gavroche à l’accordéon, Paris, la Tour Eiffel… La France, son béret et baguette qui s’exportent !), il y en toutes les dix minutes.

En résumé, Faubourg 36 est à peu près ce à quoi je m’attendais, par conséquent je ne peux pas non plus trop me plaindre de tel ou tel aspect du film ! Et puis, en étant tout à fait honnête, je n’ai pas passé non plus un mauvais moment ! Je suis un peu maso, mais pas au point d’aller voir un film, dont je sais pertinemment qu’il va m’horripiler, dans le but mesquin d’en faire une chronique assassine ! Non, j’y suis allé parce que je savais aussi que, sur certains points, j’y trouverai mon compte : c’est un film à grand spectacle très bien réalisé comme je l’ai indiqué dans les plus. Pour le reste, les moins, ce n’est pas une surprise, alors disons que je m’en suis accommodé. A voir avec un certain recul. Étrange tout de même qu’il ne soit pas sorti pour les fêtes de fin d’année…






Ci-dessous, une note rédigée en voyant la bande-annonce :

« Pour changer un peu, je me risque à donner mon avis sur un film… Que je n’ai pas encore vu ! Mais me risquerais-je à le voir ? Rien de si sûr… Voilà, après avoir subi cette bande-annonce lors de mes récentes sorties ciné, je n’ai pu m’empêcher d’en écrire quelques lignes… Excédé par tant de convention et de clichés !

La vue de la bande-annonce m’a littéralement affligé, c’est vrai. Les ficelles sont tellement grosses qu’il faut alors parler de câbles… Tout semble regroupé ici pour rechercher à tout prix « le film populaire de l’année » : on reprend les ingrédients de succès tels que Les choristes ou encore La môme, on mélange bien… Et puis on rajoute tous les clichés du cinéma français qui s’exporte à l’étranger: le petit gavroche qui joue… de l’accordéon bien sûr (et après on va se plaindre que quand les Américains parlent de la France dans leurs films ils utilisent ces mêmes clichés !) pour gagner de l’argent, le Français casquette sur la tête (aura-t-il une scène avec la baguette sous le bras ?) et une chanteuse typique de l’entre-deux-guerres « sans le sou », presqu’obligée de se prostituer alors qu’elle a tant de talent… Vous qui avez acheté la compilation Cent chansons françaises de légende, vous adorerez Faubourg 36 !

Et bien sûr toute la panoplie d’acteurs bien franchouillards qui à force deviennent insupportables, Gérard Jugnot en tête dont c’est le énième film du genre : Les choristes, Monsieur Batignole (Gérard Jugnot, 2002)… Et puis indécrottable Clovis Cornillac (sic), ou encore Kad Merac qui depuis son succès avec Bienvenue chez les Ch’tis (Dany Boon, 2008) est désormais devenu très « bankable » comme on dit dans les milieux autorisés qui cherchent à tout prix la recette miracle pour faire le plus d’entrées. Et en acteurs de prestige pour les second rôles, de grands noms tels que Pierre Richard, Bernard Pierre Donnadieu ou encore François Morel. C’est bizarre, j’ai vraiment l’impression d’avoir déjà vu le film avant même de le voir…

Quelque chose de sûrement très politiquement correct, qui brosse dans le sens du poil le spectateur (enfin… plutôt des familles entières), facilement nostalgique et facile à amadouer, au risque d’accumuler tous les clichés de la France d’antan. « A l’époque c’était dur mais on était heureux ! Y’avait pas tous ces téléphones portables, cet internet qu’on y comprend rien et ces musiques de malades d’aujourd’hui »… Ajoutez à cela une promo qui va bientôt déferler dès la rentrée (déjà quelques « subtiles » apparitions de l’équipe de tournage sur le tour de France -haut lieu populiste qui brasse aussi des millions- de manière tellement spontanée…) et vous obtenez le film dont tout le monde parlera, avec une émission entière chez Drucker, forcément, une musique du film qui devrait cartonner, etc.

Bref, tout ce que je déteste dans le cinéma. Alors je me pose encore la question : irais-je le voir pour me conforter dans mes opinions ou finalement changer d’avis (je ne suis tout de même pas quelqu’un de figé dans mes convictions et suis le premier à dire quand je me suis trompé, surtout lorsqu’il s’agit d’un a priori) ? D’un côté, je n’aime pas ceux qui critiquent sans avoir vu et, si je fais pareil, je me mets automatiquement dans cette catégorie ! D’un autre côté, après avoir vu plusieurs fois cette bande-annonce, j’estime en avoir déjà trop vu, alors cruel dilemme… Allez j’ai tout l’été pour y réfléchir et surtout pour aller voir des œuvres a priori plus enthousiasmantes… »

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