Duplicity

Tony Gilroy, 2009 (Etats-Unis)

Non, Clive Owen n’est pas le nouveau James Bond mais y ressemble fortement. Comme lui, c’est un agent des services secrets britannique (en tout cas au début) et en guise de James Bond girl, une autre star internationale, Julia Roberts. Ajoutez à cela un scénario aux multiples ficelles sur deux puissantes multinationales qui se livrent une véritable guerre froide, du charme, de l’humour et une grosse dose d’espionnage et vous obtenez bien un « James Bond like », plutôt première époque, sans les scènes d’actions ni les gadgets.

Tiens, j’ai comme la sensation d’avoir déjà lu cette chronique il n’y a pas si longtemps… Quelques semaines seulement après L’enquête (The International) (Tom Twyker, 2009), Clive Owen est à nouveau à l’affiche d’un film d’espionnage au style tout de même différent : aucune fusillade ici, pas le moindre mort ni poursuites effrénées… Mais un numéro de charme et de passe-passe avec Julia Roberts au meilleur de sa forme. Si le duo Clive Owen/Naomi Watts fonctionnait déjà bien dans L’enquête, celui formé avec Julia Roberts est encore plus convaincant et constitue le réel intérêt de Duplicity. Leur complicité évidente donne lieu à d’habiles joutes verbales et à des dialogues croustillants. Chacun se méfiant l’un de l’autre, de peur d’être dupés et doublés, ils en deviennent carrément paranos ! Ils incarnent dans ce Duplicity un ancien agent secret de sa majesté (lui) et un ex-officier de la CIA (elle) qui, après avoir quitté leurs fonctions gouvernementales respectives, unissent leurs talents pour un but bien plus lucratif, récupérer la formule miracle d’un prochain produit esthétique révolutionnaire avant que celui-ci ne soit breveté par l’entreprise en question.

Le jeu du « tel est pris qui croyait prendre » est poussé à son paroxysme par un scénario des plus complexes aux nombreux rebondissements… Un des plus tordus qui m’ait été donné (d’essayer) de suivre ! Il est d’ailleurs la plupart du temps quasiment incompréhensible. Les nombreux flash-backs (« 12 mois auparavant », puis « 1 mois plus tôt », puis « 2 mois avant », etc.) de ce scénario puzzle, comme la multiplicité des écrans splittés en quatre, brouillent constamment les pistes. J’avoue avoir à de nombreuses reprises totalement décroché et abandonné l’idée de suivre cette trame improbable en me concentrant plutôt sur le beau jeu des deux acteurs d’exception. Lorsque tout finit par s’imbriquer de façon plus ou moins logique (?), le récit nous passionne davantage. Il en devient haletant et se conclue par un dénouement, là aussi, à multiples tiroirs. N’ayez crainte, si vous comptez voir Duplicity, le fait de savoir qu’il y a une, voire plusieurs grosses surprises à la fin ne vous gâchera pas le plaisir : il est en effet totalement impossible d’imaginer comment se termine ce jeu de dupes. Prenez néanmoins un cachet contre le mal de tête si vous pensez être en mesure de suivre le fil conducteur !

Mon sentiment est donc très mitigé. Un grand duo certes et de très bons dialogues, mais une histoire-labyrinthe dans laquelle on s’empêtre inévitablement et qui souvent ne mène nulle part… A vouloir faire trop compliqué Tony Gilroy (qui n’est pas simple réalisateur mais également le scénariste) donne l’impression de s’emmêler les pinceaux. Tels les porte-clés « Rubik’s Cube » que portent les deux associés amoureux, si certains parviennent pourtant au bout de ce jeu en quelques secondes, pour la grande majorité c’est un vrai casse-tête bien énervant ! Il est clair qu’un second visionnage sera nécessaire pour avoir un avis plus définitif.

2 commentaires à propos de “Duplicity”

  1. Véritable casse-tête que Duplicity. J’ai beaucoup aimé Clive Owen et son « business » avec les pizzas. La fin est le seul moment qui ne m’a pas fait regretter d’aller voir ce film.

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