Alex de la Iglesia, 2008 (France, Angleterre, Espagne)

Crimes à Oxford aurait tout aussi bien pu s’appeler L’effet papillon (vous comprendrez pourquoi si vous le voyez) si ce titre n’était déjà pris… Mais finalement, Crimes à Oxford est un titre bien représentatif et s’adapte parfaitement à cette enquête « so british », très « agatha-christique » et construite à la manière d’un Cluedo (il y a d’ailleurs une référence directe dans le film). La réalisation d’Alex de la Iglesia, remarquable, tisse finement une intrigue où tous les protagonistes sont bien sûr suspects les uns après les autres avant un dénouement final à double tiroir un brin confus mais très efficace.

Ces personnages sont vraiment typiques de ces enquêtes à l’anglaise, avec tout d’abord le petit étudiant futé plein de fougue, de passion et d’ambition pour ses études (Elijah Wood) qui cherche à aborder un grand professeur de mathématiques (John Hurt), plus aigri, usé et sans grande illusion sur la vie (il démontre à ses étudiants pendus à ses lèvres la mort de la philosophie devant l’implacable logique des mathématiques), avec lequel il entretiendra une relation amour/haine (admiratif de son talent, mais pas forcément d’accord avec toutes ses théories…). Deux acteurs excellents qui mènent le film de main de maître, le jeune Elijah Wood qui enchaîne de très bons films depuis sa consécration dans la trilogie du Seigneur des anneaux et toute l’expérience du vieux sage John Hurt (qui aurait fait aussi un très bon Gandalf d’ailleurs ! Et saviez-vous justement qu’il avait déjà fait la voix d’Aragorn dans la version du Seigneur des anneaux de 1980 de Ralph Bakshi ?) que l’on voit dans Indiana Jones et le royaume du crâne du cristal (2008).

Et puis, il y a aussi l’énigmatique Beth, violoncelliste, qui loge notre petit étudiant et vivant un peu isolée avec sa vieille mère autoritaire et acariâtre, Madame Eagleton (la première qui sera assassinée). Ajoutez également un policier moustachu qui semble tout droit sorti des Brigades du Tigre, un peu dépassé par les événements, une jolie fille (petite amie de l’étudiant) à la poitrine généreuse -que l’on verra souvent, ce qui n’était pas déplaisant- qui semble jouer sur deux tableaux, a cup of tea, des énigmes à symboles, des coups de théâtre et autres rebondissements en tous genres, l’ambiance sombre et oppressante d’Oxford et de son université de prestige et vous obtenez là un très bon policier qui s’inscrit dans la grande tradition des enquêtes à l’anglaise.

Un pur divertissement qui remplit pleinement son rôle avec classe, intelligence et brio : à voir.

Ludo

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Un commentaire so far »

  1.  

    Batman said

    août 11 2008 @ 14:21

    Ce film m’a déçu pour une seule raison : les énigmes aussi abracadabrantesques les unes que les autres. On y croit pas du tout, la fin laisse à désirer. Les acteurs n’en parlons pas… Bref c’est une daube servie sur un plateau d’argent. Désolé.

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