Matt Reeves, 2008 (États-Unis)

Cloverfield est un document exceptionnel sur les événements qui ont secoué New York dans la nuit du 22 au 23 mai 2007. On a tous en tête les images spectaculaires des journaux télévisés de l’époque qui ont fait le tour du monde (comme la décapitation symbolique de la statue de la liberté) et les nombreux documents amateurs (filmés au caméscope et par des téléphones portables) qui circulent encore aujourd’hui sur YouTube, mais cette vidéo retrouvée sur les lieux mêmes de la catastrophe par les militaires est vraiment impressionnante, propre à vous couper le souffle et à vous glacer le sang.

Les choses ont bien changé aux États-Unis depuis ce drame : désormais le gouvernement ne cache plus rien (ou, en tout cas, en donne l’impression) et l’on se doit avant tout de saluer cette transparence exemplaire. C’est ainsi que les services secrets américains ont décidé de rendre public cet enregistrement vidéo amateur tourné par quelqu’un qui se trouvait en plein Manhattan lors de ce qu’on a coutume d’appeler « la plus grande tragédie de tous les temps ». Il faut dire aussi qu’un drame d’une telle ampleur était impossible à étouffer, puisqu’il a été vécu en direct à la télévision. Depuis, une grande partie de New York a été rasée, les mentalités ont bien changé et l’heure est à la reconstruction, à l’espoir et au renouveau. Ce n’est pas par hasard que dans un tel contexte un président tel qu’Obama, qui incarne le changement, ait été élu.

Décidément, rien n’a été épargné à New York : les attaques terroristes du 11 septembre 2001, maintenant cette horreur absolue que rien ne laissait présager. Tout ce que l’on croyait connaître s’est effondré en quelques minutes. Godzilla était un mythe issu de l’imagination et des peurs du peuple japonais, mais cette chose, baptisée Clover, était pourtant bien réelle. La désolation laissée sur son passage reste une plaie béante. Les survivants qui ont subi son ire en gardent à jamais le traumatisme. Ironie du sort : la vidéo amateur retrouvée dans Central Park est celle d’un jeune Américain qui devait justement se rendre au Japon pour son travail. On y voit la préparation de la fête d’au-revoir de ses amis et au beau milieu de celle-ci le drame intervient. Retrouvée au milieu des décombres et abîmée par la poussière, la vidéo a été restaurée et conserve une incroyable qualité. Certes, c’est un document amateur et les mouvements de caméra donnent parfois le tourni, mais on y voit très précisément ce qui s’est réellement passé ce jour-là. Je me souviens d’un reportage filmé lors du 11 septembre par une équipe de la télévision française qui préparait alors un sujet sur les pompiers de New York : Cloverfield y ressemble beaucoup, même s’il ne s’agit que de simples images de camescope et non d’une caméra professionnelle. On est donc plongé au cœur même de la catastrophe et on comprend mieux pourquoi, encore aujourd’hui, bon nombre d’Américains n’ont pas pu regarder ces images jusqu’au bout.

Espérons qu’un tel drame ne se reproduise jamais. Pour ne pas oublier, Cloverfield est en cela un témoignage saisissant sur un drame unique dans l’histoire de l’humanité (même si l’on pense aux créatures qui, dans les temps les plus reculés, avaient déjà foulé notre sol, semant, comme celle-ci, panique et désolation derrière elles).

Ludo

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6 commentaires so far »

  1.  

    Titi said

    février 1 2009 @ 16:36

    Pas mal ta présentation ! J’ai vu Cloverfield sur grand écran, c’est vrai que c’est impressionnant. Malgré tout, les Américains ne peuvent s’empécher de tomber dans certains clichés (la première chose que fait le monstre en sortant de terre est de décapiter la statue de la liberté, bonjour le symbole !) et on se demandera toujours comment les jeunes peuvent continuer à filmer vu la situation. Mais c’est un bon divertissement et j’ai bien aimé la créature, à mi-chemin entre Godzilla (Ishirô Honda, 1954) et Alien (Ridley Scott, 1979).

  2.  

    MaîtreLudo said

    février 1 2009 @ 20:30

    Le plan de la tête décapitée de la statue de la liberté est en fait un hommage à New York 1997 de John Carpenter (1981). Il reproduit à l’identique l’affiche originale du film, car ce plan n’apparaissait pas dans le long métrage de l’époque.

  3.  

    Salbête said

    février 7 2009 @ 9:56

    Excellente présentation que celle de MaîtreLudo concernant le fait divers Cloverfield ! Pourquoi ne pas proposer à un réalisateur de se servir de cet article pour créer un long métrage ? Il y a là matière pour un très bon scénario !… Par contre, je n’ai pas entendu parler du film « 11 septembre 2001″ ; pouvez-vous nous dire de quoi ça parle et dans quelle salle il passe ?

  4.  

    Ornelune said

    avril 4 2009 @ 22:16

    Pas grand chose à rajouter. Ca bouge beaucoup…

    Une question pour tous :

    pourquoi « Cloverfield » c’est-à-dire « champ de trèfles », on sait que c’est le nom du dossier militaire mais quoi d’autre ?

  5.  

    MaîtreLudo said

    avril 5 2009 @ 8:39

    Cloverfield est le nom du dossier où sont classées les archives vidéo de l’attaque de New York. Mais pour la vraie histoire, Cloverfield est le nom de la rue où se trouve la boite de production de J.J. Abrams, Bad Robot.

  6.  

    Ornelune said

    avril 5 2009 @ 9:19

    Pas vraiment de sens alors, un simple clin d’œil.

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